22.11.2009

Les banquiers

Etats-Unis : pourquoi les banquiers se font casser partout

Par Pascal de Lima et François Ladsous | Altran Financial Services |

http://eco.rue89.com/2009/11/13/etats-unis-pourquoi-les-b...

Il y a un sport qui fait fureur aux Etats-Unis : le « banker-bashing » (littéralement, le « cassage de banquier ou de financier »). La discipline est pratiquée un peu partout sur la planète, essentiellement par des commentateurs feignants et des politiciens démagogues, mais elle connaît depuis peu un renouveau dans un pays plutôt réputé pro-business.

Le « banker-bashing » fait des émules jusque dans les médias, qui passaient pourtant leur temps à chercher des « success storys » et semblent avoir pris du recul. Journalistes et commentateurs s'interrogent de plus en plus sur les raisons de la crise économique et désignent, parfois de façon caricaturale, les coupables sous les vocables de « banquiers », « financiers »…

 L'opinion publique elle aussi se révolte, dans une Amérique où le banquier a toujours eu une bonne image, ce banquier qui octroie aux familles l'hypothèque et le crédit, étapes indispensables sur le chemin de l'American Dream.

 Les profits des banques contre la réalité de l'économie

C'est bien l'économie réelle qui a fait tomber le rêve américain : face à la reprise boursière et aux profits historiques de Wall Street, la réalité économique du pays paraît d'autant plus dramatique qu'elle touche toute la population.

Le taux de défaut des hypothèques (structure du patrimoine des ménages par excellence) reste élevé, le chômage frôle les 10%, et le moral est en berne car chacun sait que la situation va encore être difficile et pour un bon moment.

 Si cette situation suffisait amplement à tourner l'opinion contre les banquiers, il y a ici des facteurs aggravants qui ne jouent pas en leur faveur. Wall Street bénéficie ainsi de Tarp, le fonds de soutien au secteur financier ; ces milliards cédés quasi gratuitement et qui servent de coussin permettant d'absorber de gros risques.

C'est là l'origine des profits annoncés par les grandes banques d'investissement de Wall Street : des milliards gagnés au risque des contribuables et ensuite redistribués avec fracas sous la forme de bonus.

 Wall Street ne croit pas à la reprise

Parallèlement, les banques de dépôt comme Bank of America, celles qui contribuent directement à l'économie réelle, sont toujours en crise et peinent à se relever ; elles souffrent du ralentissement de la consommation, de la volonté de désendettement des ménages et surtout de nombreux défauts qui plombent les bilans.

Il suffit juste de voir les difficultés liées à la énième levée de fonds de BoA, ou bien l'annonce de la 100e faillite de banque déclarée à la FDIC cette année, pour comprendre que Wall Street ne croit pas du tout à la reprise.

Devant cette situation, que les médias, l'opinion publique ou les politiciens condamnent « les banquiers » est compréhensible. Pire, des gourous du marché se mettent à les critiquer. Georges Soros a ainsi récemment dénoncé « les cadeaux injustifiés » que sont les profits de Wall Street.

 Alors que l'administration Obama cherche à mettre son empreinte sur le système bancaire en musclant sa réforme, les banquiers sont en train de lui fournir un beau bâton pour qu'il puisse lui aussi se mettre à ce nouveau sport, le Banking Bashing, qui finira peut-être par inspirer la création d'un MBA spécialisé…

20.11.2009

Budget 2010 de la culture

Budget 2010 : la démocratisation de l’accès à la culture est la grande perdante

Le 13 novembre 2009

Les crédits de l’accès à la culture, destinés aux publics défavorisés, aux actions de proximité, à la démocratisation de la culture… vont subir une baisse de 10 millions d’euros, soit -15%. C’est la poursuite d’un scandaleux désengagement engagé depuis plusieurs années, alors que le Président de la République proclame qu’il veut lutter contre les inégalités d’accès.

Pour la création, la baisse continue et touche tous les domaines : arts plastiques, spectacle vivant, création littéraire, industries culturelles… Rapportés à l’inflation, les crédits du spectacle vivant connaissent une baisse réelle, alors que les besoins sont immenses et les problèmes urgents. Le ministère de la culture n’a tiré aucun enseignement des entretiens de Valois. Son nouveau Ministre, qui se veut le défenseur des artistes et de tous les créateurs, sacrifie les artistes sur l’autel d’une austérité qui ne dit pas son nom.

Certes un effort a été fait pour le patrimoine, qui reçoit 100 millions d’euros de plus. Mais il s’agit simplement d’un rattrapage destiné à réparer les dégâts commis par la droite depuis plusieurs années. C’est elle qui avait sabré dans des proportions gigantesques les crédits de restauration et d’entretien des monuments historiques.

Pendant ce temps la RGPP (révision générale des politiques publiques) ratiboise l’administration culturelle, et l’Elysée a créé auprès de lui un conseil de la création artistique chargé de dévitaliser le ministère de la culture au moment où celui-ci fête son cinquantenaire, et de satisfaire les caprices du Prince.

Le Parti socialiste condamne cette politique nocive pour les arts et pour les Français, dont les moyens d’accès à la culture se trouvent tous les jours davantage limités.


Communiqué de Sylvie ROBERT,
Secrétaire nationale à la Culture

18.11.2009

Devoir de réserve et prix Goncourt

Extrait du billet d'Odile Cohen sur le site causeur

Si les prix littéraires supposent un devoir de réserve, Mauriac a eu tort de dénoncer l’usage de la torture en Algérie, Gide n’aurait pas dû critiquer le colonialisme dans Voyage au Congo et Victor Hugo aurait dû s’abstenir de rabaisser Napoléon le petit.

“On ne met pas Voltaire en prison” avait dit dans sa grande sagesse De Gaulle à son ministre de l’Intérieur qui lui suggérait de faire arrêter Jean Paul Sartre.

La suite sur http://www.causeur.fr/laureats-du-goncourt-taisez-vous,3293

16.11.2009

Identité nationale suite

Extrait du billet de Jean-Michel Aphatie

 

Hier, à la Chapelle-en-Vercors, le président de la République a prononcé un discours sur l’identité nationale. Son intervention se situe dans le cadre du grand débat lancé par le gouvernement sur le sujet. Dans ce contexte, on pouvait attendre de la part de la plus haute autorité de l’Etat un discours riche et fort, cadrant la réflexion générale, en montrant l’importance et en démontrant l’utilité. Sur tous ces points, ce discours est une déception. Soit l’occasion a été manquée, soit la faiblesse du propos est directement liée à l’insincérité qui frappe l’initiative. Il est en tout cas frappant de constater que, volontairement ou non, la presse ce matin réduit l’intervention, hier, du chef de l’Etat à une opération de petite politique. Le Figaro, par exemple, rédige ainsi son appel de Une: « Identité nationale: Sarkozy s’en prend au PS ». La justesse du titre dit bien la faiblesse de l’ambition. Si l’exécutif a ouvert ce débat identitaire, et donc philosophique, uniquement pour embarrasser les uns et récupérer les autres, alors au bout du processus, la montagne aura accouchée d’une souris ridée et hideuse dont personne ne réclamera la paternité.

la suite sur http://blog.rtl.fr/aphatie/index.html

14.11.2009

Identité nationale, identité européenne

tisseyre.jpgQuestion orale posée par Jean-Michel Tisseyre

Le ministre de l'immigration a initié depuis le 2 novembre dernier et  jusqu'en février prochain un débat portant sur l'identité française. Ce  débat est voué à se décliner au niveau local à échelon de l'arrondissement  sous la houlette des préfets et sous-préfets et à l'initiative des  différents acteurs locaux que sont les parlementaires.

Si nous estimons que l'entreprise d'un tel débat aurait mérité en soi un  débat, nous n'en sommes pas moins enclins à nous interroger sur les  opportunités d'une telle initiative et surtout sur les modalités  d'organisation d'un tel débat à l' échelle de notre ville. Pouvez-vous nous dire, M Le Maire, quel sera le mode opératoire de ce débat  à Boulogne-Billancourt? Qui seront les Boulonnais éligibles à la participation aux échanges sur  identité française? Combien de réunions seront organisées et sur quelle  période? Quelles seront les personnalités qui présideront les séances de  débat, en assureront la synthèse, et le suivi de cette synthèse dans le  processus de remontée?

Qu'adviendra-t'il enfin de ces travaux et dans quelle instance seront-ils  exploités?
Enfin, existera-t'il un observatoire, composé de personne ayant participé  aux débats, et en charge de veiller sur la bonne mise en ouvre et le suivi  de projets émanant éventuellement de ces échanges?

Par ailleurs, le traité de Maastricht confère de fait à tout citoyen  français la citoyenneté européenne, qui la rend donc indissociable de  l'identité française. Alors que le traité de Lisbonne vient d'être ratifié  après un long et douloureux parcours, serait-il possible d'adjoindre au  débat sur l'idendité national celui sur la citoyenneté européenne?