07.11.2009

Agriculture

Travailleurs à bas prix dans l’agriculture : une première brèche ouverte par l’Elysée ?

Le 6 novembre 2009

Un conseiller de l’Elysée a évoqué devant les producteurs de légumes l’emploi de travailleurs des pays de l’est, où le coût du travail est très faible.

Qu’il s’agisse d’une proposition ou simplement d’une suggestion d’étude ne change rien à l’affaire. Cette réflexion d’un conseiller de Nicolas Sarkozy traduit l’état d’esprit de l’Elysée : faire baisser les coûts du travail, dans une logique de moins disant social.

C’est parfaitement cohérent avec une politique qui réduit les protections des travailleurs et qui fait baisser le pouvoir d’achat des Français.

Le Parti socialiste dénonce très vigoureusement cette politique.

Pour le Parti socialiste, la compétitivité de la filière légumière française passe par une meilleure adaptation à la demande des consommateurs, de plus en plus soucieux de qualité et de proximité avec les producteurs. Le Parti socialiste considère que la seule solution durable pour toutes les filières agricoles consiste en la relocalisation des productions équitablement réparties sur les territoires.

Communiqué de Germinal Peiro,
Secrétaire national à la ruralité et à la mer

Outremer

Communiqué du PS

Allocution de N. Sarkozy : Ce soir pour l’outremer, on est très loin du compte.

Le 6 novembre 2009

Le Président de la République vient de prononcer une allocution en clôture de la 1ère réunion interministérielle enfin consacrée à l’outremer par son gouvernement, après deux ans et demi de mandat et trois ministres successifs. De ce point de vue, les Français d’outremer auront sans doute été édifiés d’entendre le chef de l’Etat leur annoncer que ses ministres devront désormais se « sentir concernés » par leurs problèmes.

Au fil d’un discours décousu et misérabiliste à l’égard d’un outremer caricaturé à l’envi, d’anecdotes de comptoir en plaisanteries douteuses, ce discours a une apparence : la vacuité des mesures évoquées. Il est ainsi pathétique que Nicolas Sarkozy évoque comme une innovation de son cru le fait pour les élus d’outremer d’exercer des responsabilités en matière de représentation diplomatique régionale quand cette possibilité - qu’ils exercent déjà - leur a été ouverte par la loi du 13 décembre 2000 !

Mais par-delà son emphase habituelle, le discours du Président de la République revêt une réalité plus choquante encore. Les seules annonces concrètes qu’il contient traduisent une reconcentration des pouvoirs sur fonds de désengagement financier de l’Etat.

Il est ainsi sans précédent qu’un Président de la République réserve aux seules collectivités d’outremer « la possibilité pour l’Etat de se substituer à elles » dans des domaines (santé, environnement, etc.) où ledit Etat déciderait qu’elles seraient défaillantes. Dans le même sens, il est significatif que la « relation rénovée entre la métropole et l’outremer » qu’appelle de ses vœux N. Sarkozy passe par la nomination de « commissaires au développement endogène » ici, de « sous-préfets à la cohésion sociale », ailleurs, sans préjudice de différents comités Théodule et autres, le tout placé sous l’autorité des préfets. S’agissant du développement économique, le “Plan Sarkozy” ne contenant aucune mesure digne de ce nom, son absence de chiffrage tombe sous le sens. Il est à cet égard révélateur que N. Sarkozy ait pu évoquer « la garantie du niveau des moyens budgétaires de l’Etat sur cinq ans » pour le logement social après les avoir réduits drastiquement depuis 2007, et au lendemain de l’adoption par sa majorité d’un budget où la dette de l’Etat outremer auprès des organismes de sécurité sociale dépassera en 2010 les 660 millions d’euros.

Cette approche est pleinement dans la logique des annonces déjà faites par N. Sarkozy en janvier dernier, lorsqu’il avertissait les élus d’outremer que - contrairement aux principes essentiels de la décentralisation - « les compétences dévolues aux autorités locales devront être financées par des ressources locales. »

Au final, et une fois n’est pas coutume, il se pourrait en effet que le discours de N. Sarkozy fasse date tant son indigence frise l’indécence. Au lieu de le citer, N. Sarkozy ferait bien de lire Félix Eboué. Car si pour ce dernier, « Jouer le jeu », c’était « piétiner les préjugés, tous les préjugés, et apprendre à baser l’échelle des valeurs sur les critères de l’esprit », ce soir pour l’outremer, on est très loin du compte.

Sondages

Extrait d'un article de Libération

http://www.liberation.fr/politiques/0101601702-sondages-l...

Sondages: l'exécutif refuse la création d’une commission d’enquête

Au risque de provoquer un tollé, l’exécutif s’est opposé vendredi à la création d’une commission d’enquête parlementaire réclamée par le PS sur les sondages de l’Elysée.

La commission «n’entre pas dans le cadre défini par la Constitution», a déclaré la Garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, en invoquant le principe de séparation des pouvoirs.

Selon la Constitution, seuls le gouvernement et le Premier ministre sont responsables devant l’Assemblée nationale.

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«C’est une initiative qui embarrasse énormément l’Elysée», selon lui. Le groupe PS a laissé entendre que Nicolas Sarkozy avait dicté la prise de position de MAM vendredi.

La demande des socialistes sera examinée mardi après-midi par la conférence des présidents qui fixe l’agenda de l’Assemblée, a précisé la présidence de l’Assemblée.

A la suite de la polémique estivale sur le prix de sondages commandités par l’Elysée, l’audition à l’Assemblée de M. Frémont avait révélé que le spécialiste des sondages Pierre Giacometti bénéficiait -avec sa société selon lui- d’un contrat de 43.500 euros mensuels avec l’Elysée et le politologue Patrick Buisson d’un contrat de 10.000 euros par mois.

(Source AFP)

30.10.2009

Présidence française: le sarko-show

Pierre Moscovici : «Le budget de la présidence française de l'UE était beaucoup trop élevé.» «Un million d'euros par jour, cela n'a pas grand sens. Cette présidence s'annonçait comme un Sarko-show; c'est ce qui s'est passé. Les Français paient pour le Sarkoshow.»

René Dosière : «Alors que tous les Français doivent se serrer la ceinture, apprendre que le chef de l'Etat organise, avec l'argent des Français, un repas qui coûte 5 fois le Smic par personne, c'est inimaginable et intolérable! On se dit que le président de la République a perdu pied avec la réalité. Il doit arrêter de dépenser sans compter.»

Philippe Séguin, premier président de la Cour des comptes. Tout cela «n'a pas été un épisode très glorieux du point de vue des finances publiques». «Les opérations ont été mal programmées, il n'y a pas eu de véritable stratégie»«il y a eu un certain nombre de dérives et un certain nombre d'erreurs».

28.10.2009

Taxe professionnelle

21 octobre 2009 . Article du blog http://dechiffrages.blog.lemonde.fr/

Cherchant à justifier la suppression de la taxe professionnelle, mardi à Saint-Dizier (Haute-Marne), Nicolas Sarkozy a une fois encore malmené les statistiques. « 500.000 emplois industriels détruits en France depuis quinze ans, s’est-il écrié, voilà le beau bilan de la taxe professionnelle ! »

Le diagnostic est un peu court et la période nettement trop longue.

Peut-on imputer la désindustrialisation du pays à la seule existence de « ce système absurde unique en Europe », comme l’a affirmé le Président ? Si c’était le cas, les effectifs salariés de l’industrie n’auraient pas diminué dans la plupart des pays de l’Union, parfois beaucoup plus rapidement qu’en France.

Mais pourquoi « depuis quinze ans » ? La taxe professionnelle est en vigueur depuis 1975. On peine à croire qu’il ait fallu attendre 1994 avant d’en percevoir les effets pervers sur l’industrie.

 Regardons d’un peu plus près les statistiques de l’emploi industriel français. Les effectifs salariés de l’industrie ont diminué de 574.500 depuis leur pic du printemps 2001. Cela fait huit ans, et non pas quinze. Et cette déperdition d’emplois s’est accélérée depuis le printemps 2007 : en deux ans, l’industrie a perdu 200.000 emplois.

Ce n’est certes pas là un « beau bilan ». Mais le bilan de qui, le bilan de quoi ?  En montrant du doigt la taxe professionnelle, l’Elysée exonère la politique du Président. « J’ai été élu pour agir », répète Nicolas Sarkozy. Il semble que personne, dans son entourage, ne songe à consacrer une pause à la réflexion.