04.07.2009

Mensonges d'Etat

28 juin 2009. http://bloglaurentfabius.com/

Le discours du chef de l’Etat à Versailles lundi dernier comportait deux novations importantes.

L’une concerne le prochain grand emprunt censé préparer l’avenir et qui – aspect annexe ? – devrait porter le nom de son initiateur. Cet emprunt a un objectif, évidemment mensonger : dépenser plus sans payer plus.

La France, en grande partie à cause de la politique présidentielle, est lourdement endettée. « En quasi-faillite » précisait le Premier ministre dès avant la crise. Et pourtant le chef de l’Etat veut pouvoir continuer à dépenser sans régler la facture, il est vrai peu populaire, qui s’appelle impôts.

Pour financer quoi exactement ? Des priorités que, plus de deux ans près son élection, on a besoin de trois mois pour choisir ! Pour quel montant ? Vous verrez bien ! Selon quelles modalités ? Elles restent à définir ! Même si on devine que, pour sécuriser l’opération, l’emprunteur en chef n’hésitera pas sur les gâteries qui coûteront finalement plus cher au contribuable que les financements actuels. A moins que l’inflation – espoir secret de monsieur Déficits – ne vienne ronger la dette… et gruger les souscripteurs.

Financièrement, tout cela est plus qu’hasardeux. Politiquement, il paraît que c’est du grand art.

Le deuxième mensonge d’Etat concerne ce que ce pouvoir appelle « réforme territoriale » et qu’il serait plus clair d’appeler « manipulation électorale ».

L’opération a commencé avec le charcutage des circonscriptions législatives. Un projet secret de redécoupage, corrigé par une commission dont le détail du travail est également secret, le tout aboutissant à conférer un avantage de départ indu à l’UMP d’environ 20 à 50 sièges lors des prochaines législatives.

Mais le clou de l’affaire, c’est la « réforme territoriale » elle-même. Personne ne conteste la nécessité d’une réforme des collectivités locales. Nous la proposons : redistribution des compétences pour les rendre plus cohérentes et plus claires, refonte des financements afin de les rendre plus justes, solidaires et pérennes, démocratisation des regroupements communaux, etc.

Ce qui intéresse vraiment le chef de l’Etat, c’est autre chose : changer le mode de scrutin pour faire basculer vers l’UMP le maximum de régions et de départements. Pour cela, on invente le « conseiller territorial », nouvel élu chargé à la fois du département et de la région. Mais surtout élu désigné sur une base différente : en milieu rural ce sera le scrutin majoritaire, favorable à la droite ; en milieu urbain ce sera la proportionnelle qui assurera également son pourcentage à la droite. Conseiller territorial + changement de scrutin = collectivités locales à droite. Bingo !

Bien entendu, il faut habiller tout cela. Le thème choisi est : nous réduisons le nombre des élus et diminuons ainsi la dépense publique. Peu importe que, parmi les collectivités publiques (Etat, sécurité sociale, collectivités locales), ces dernières soient financièrement les plus vertueuses et les mieux gérées. Peu importe que l’économie éventuellement engendrée par la réduction du nombre des élus soit marginale. Peu importe qu’il soit absurde pour promouvoir les régions de les faire diriger par des conseillers cantonaux. Peu importe que ce montage s’accompagne d’une poisseuse démagogie anti-élus. L’essentiel est de mobiliser dans ce seul but : chasser la gauche de la gestion des territoires, assurer sur un tapis vert la victoire sans partage de M. Sarkozy, qui pourra compter pour y parvenir sur l’objectivité incontestable de son nouveau ministre de l’Intérieur.

Et si on s’avisait de comprendre tout cela, pire de vouloir expliquer ces mensonges d’Etat, l’antidote médiatique est disponible. Exemple du 20 heures de France 2 cette semaine : lundi, M. Sarkozy en majesté à Versailles ; mercredi, M. Fillon en plateau ; samedi, M. Bertrand en plateau. Mais je le reconnais : au moment où j’écris ce billet la semaine n’est pas terminée !

03.07.2009

Ordre du jour du Conseil municipal du 9 juillet 09

odj_09_07_09.pdf

01.07.2009

Motion de censure

Le Parti socialiste déposera une motion de censure à l’Assemblée nationale contre la politique socio-économique du gouvernement, a annoncé mardi à l’AFP son porte-parole, Benoît Hamon, après une décision du Bureau national.

«Le Bureau national a pris la décision, en lien avec le groupe à l’Assemblée nationale, de déposer une motion de censure», a indiqué M. Hamon.

«L’intitulé est: la crise s’aggrave, le tour de vis social a été annoncé par le président de la République et confirmé par le travail législatif de la droite (travail le dimanche, rigueur pour les minima sociaux…)», a-t-il dit.

«Dans ces conditions, vu que la responsabilité du président de la République ne pouvait être engagée devant le Congrès et que le débat à l’issue de son intervention était un simulacre de débat, nous avons pris la décision de déposer une motion de censure», a-t-il ajouté.

«Puisque François Fillon n’existe plus dans les institutions version Sarkozy, qu’on n’obtient pas de sa part une déclaration de politique générale» qui précise ses priorités, «nous attendons du Premier ministre qu’il s’explique sur la nature exacte de la politique du gouvernement» et «qu’il s’explique sur la façon dont il va répondre sur l’aggravation de la crise», a-t-il expliqué.

La motion de censure sera déposée «probablement en début de semaine prochaine», a précisé M. Hamon.

30.06.2009

Laurent Fabius invité de Christophe Barbier

Invité de Michel Denisot dans Le Grand Journal de Canal+, Laurent Fabius a rappelé que « La dernière révision de la Constitution autorise les referendums d’initiative populaire. Le gouvernement n’a toujours pas sorti le texte d’application nécessaire pour mettre en œuvre cette disposition. Je demande au gouvernement de sortir ce texte, et je propose que le premier referendum soit : ’Pour ou contre le projet gouvernemental de privatisation de La Poste’ ».

 

Ordre du jour du Conseil de Communauté d’Agglomération de Val-de-Seine du 8 juillet 2009

CAVDS-OdJ du 8 juillet 2009.pdf