31.01.2009

CR du conseil municipal du 29/01/2009

Lancement de la procédure de fusion des communautés d’agglomération Val de Seine et Arc de Seine :
Le groupe @lternance a voté pour, en conformité avec le vote des élus d’opposition de la communauté d’Arc de Seine et en conformité avec notre position lors du dernier mandat. Mais nous avons fait des réserves sur le processus (presse avertie avant que les conseils aient statué, compétences déléguées non définies, représentativité non assurée, périmètre différent de celui du schéma de cohérence territoriale lui-même très incomplet et insatisfaisant, société publique d’aménagement regroupant notre ville et la communauté d’agglomération « Arc  de Seine », mais Sèvres n’en fait pas encore partie. Certes, nous pouvons espérer de cette fusion  des leviers d’action et des rentrées financières intéressantes, mais ceci est-il bien étudié ? Le périmètre est-il le plus pertinent ? Ne fallait-il pas travailler aussi avec certaines villes de cœur de Seine ? Nous avons noté publiquement que le maire s’engageait à nous associer aux travaux sur ce sujet.

Révision des tarifs applicables à compter du 1er février 2009 : abstention.
Volonté de stopper les pratiques abusives (des « fausses associations » réservant des salles pour vendre des prestations payantes, cours, stages, sous locations, les frais d’entretien, gardiennage étant à charge de la ville...). Mais la procédure d’attribution d’une à deux (seulement) salles gratuites par an aux associations non subventionnées ne nous semblant pas assez encadrée.

Passeports biométriques - Autorisation donnée au maire pour signer la convention avec le Préfet pour la mise en dépôt des stations d’enregistrement des données : vote pour (nous sommes obligés) mais intervention sur le désengagement de l’Etat avec des  compensations financières insuffisantes.

Débat sur les Orientations Budgétaires (D.O.B.) de l’exercice 2009 : Nous avons pris acte de la présentation du DOB, ce qui est la formule consacrée, mais en ajoutant que nous n'approuvions pas ces orientations.

Quelle est la solution pour ne pas être en faillite (dette plus conjoncture très défavorable)?

Nous avons proposé des voies d'économies et nous avons dit que nous avions conscience qu'il faudrait certainement en passer par des augmentations d'impôts (aujourd'hui faibles à Boulogne-Billancourt comparativement aux autres villes) mais en aucun cas de 15 ou 20% comme on en a entendu parler dans la presse. Et nous avons aussi dit qu'il n'était pas possible d'évaluer correctement le problème financier, faute d'avoir des vues claires sur les projets Renault. On en saura plus lors du vote du budget le 5 mars.

 

Diverses délibérations sur le logement social : votes pour. Logement social - Transfert de 2 garanties communales de la SA d’HLM Immobilière 3F vers la SA d’HLM Résidences sociales d’Ile de France – Autorisation donnée au Maire pour signer les actes afférents.
ZAC Seguin-Rives de Seine – Lot A3E – Acquisition en VEFA de 42 logements par Paris Habitat – OPH (OPAC de Paris) – Garantie des emprunts – Droits de réservation – Autorisation donnée au Maire pour signer les actes afférents.
ZAC Seguin - Rives de seine – Lot B3F – Acquisition en VEFA de 32 logements par Paris Habitat OPH (OPAC de Paris) – Garantie des emprunts – Droits de réservation - Autorisation donnée au Maire pour signer les actes afférents.
ZAC Seguin Rives de Seine – Equilibre social de l’Habitat – Attribution d’une subvention à l'Entreprise Sociale pour l’Habitat OSICA pour l’acquisition en VEFA de 54 logements locatifs sociaux sur l’îlot B3C – Autorisation.

Modifications du dispositif d’attribution des bourses de l’initiative – Communication : nous avons obtenu les modifications demandées, c’est -à-dire composition du jury plus neutre, restitution des résultats du projet à la ville par les lauréats sous une forme à leur appréciation, prévue dans le projet etc

Composition du Conseil Economique et Social Local :Vote pour.  Intervention sur l’insuffisance de candidatures féminines et  sur la future conférence de la famille pour laquelle nous espérons avoir des candidatures masculines ce coup-ci!

30.01.2009

29 JANVIER: la revue de presse

Récupérée sur le site du nouvel obs, les résultat de la mobilisation des citoyens contre la politique actuelle:

NOUVELOBS.COM | 30.01.2009 | 06:20
Les commentaires de la presse française, vendredi 30 janvier, au lendemain de la journée de mobilisation interprofessionnelle contre la politique sociale de l'exécutif. Un million de personnes ont manifesté selon la police, 2,5 millions selon la CGT.


LE FIGARO
Paul-Henri du Limbert

"On ne balaye pas d'un revers de main une journée comme celle d'hier. C'est un signal. Personne ne peut nier que la France vit à l'heure des frustrations, des angoisses et des peurs. Et d'abord les salariés du secteur privé, comme toujours ultraminoritaires dans les cortèges d'hier. Le danger, pour Nicolas Sarkozy, ce ne sont pas ces grandes manifestations aux allures de grand-messes un peu convenues, mais plutôt ce malaise diffus et perlé né de la crise financière et des perspectives déprimantes qu'elle dessine. En réalité, il y a très longtemps qu'on n'avait pas vu un exécutif affronter une situation aussi périlleuse (...) Le fait que les syndicats ne semblent pas prêts à organiser des manifestations à répétition est a priori un bon signe pour le gouvernement. Sur le plan politique, il est évident que le Parti socialiste va poursuivre et amplifier son offensive puisqu'il est persuadé qu'il en va de son avenir électoral. Ceux qui, Rue de Solferino, jugent qu'il y a un peu de démagogie à vouloir s'approprier à tout prix le "mouvement social" seront priés de se taire ces prochains mois."


LE PROGRES DE LYON
Francis Brochet

"Dans la France de notre Président, quand les Français manifestent, les préfets valsent. Jean Charbonniaud, préfet de la Manche, vient d'en faire les frais: notre Président, furieux d'avoir récemment été accueilli à Saint-Lô par quelques huées, l'a muté-sanctionné. Le couperet est tombé hier, et ce matin tremblent tous les préfets de France. Vous imaginez, si notre Président s'avisait de muter-sanctionner les préfets de tous les départements où l'on a défilé hier ? De toutes les villes où l'on a apostrophé "Sarko" sans la déférence qui s'impose ? Une hécatombe préfectorale menace la France. C'est sans doute pourquoi ils s'employaient tous, hier soir, à mécompter les manifestants, et diviser par cinq ou dix les estimations syndicales... Allez, encore un effort, Messieurs les préfets, pour notre Président et votre avenir: des manifestants, il n'y en a point eu chez vous, n'est-ce pas ?"


SUD-OUEST
Bruno Dive

"Ce ne fut pas un "jeudi noir", ni l'annonce du " grand soir ". Juste une après-midi ensoleillée pour exprimer une inquiétude. Car on a beaucoup marché hier dans les rues des grandes villes, et même des moins grandes. Mais on a plutôt moins fait grève que prévu et annoncé, notamment dans les services publics. Et c'est peut-être cela le premier enseignement à tirer de ce 29 janvier. La "journée d'action", rituel bien français de protestation, a changé de visage et d'acteurs. Jusqu'à présent, les gros bataillons du secteur et de la fonction publics garnissaient les cortèges et se faisaient entendre de façon spectaculaire en paralysant le pays. Ce 29 janvier 2009, des trains et de nombreux moyens de transport ont fonctionné, des écoles sont restées ouvertes. Mais de nombreux salariés du privé et une foule de gens qui n'avaient pas pour habitude de manifester ont rejoint les cortèges de la protestation (...) Nicolas Sarkozy ne pourra pas dire que lorsqu'il y a des manifestations dans ce pays, personne ne les voit."


LE COURRIER PICARD
Francis Lachat

"L'ampleur de la mobilisation, tous secteurs confondus, pour la journée d'action d'hier montre le niveau de mécontentement auquel en sont arrivés une grande partie des Français. Beaucoup se sentent maintenant rattrapés par la crise. Les grévistes et manifestants d'hier n'étaient plus seulement les enseignants syndiqués, les cheminots, ou ceux de la fonction publique. C'était aussi les salariés du privé, touchés par le chômage technique, victimes de plans de licenciements, ou dont l'entreprise a revu les conditions de travail (...) Plus qu'une protestation contre un projet précis, c'est sur un ensemble de revendications multiples et diffuses que se sont retrouvés les grévistes (...) Le gouvernement dispose encore d'une certaine durée devant lui, et a toutes les possibilités de rebondir. Il n'a, semble-t-il, pas l'intention de surseoir aux réformes qu'il juge importantes. Tout au plus cherchera-t-il à mieux dialoguer avec les syndicats. Mais il faudra sans doute encore bien des journées d'action pour qu'il révise sa politique."


LE COURRIER DE L'OUEST
Jean-Paul Brunel

"L'ampleur des défilés a-t-elle de quoi surprendre ? Oui et non. Certes, l'amalgame des revendications n'est pas dépourvu d'ambiguïté mais il n'y a aucune confusion possible sur la signification de ce jour de colère. Dans un pays faiblement syndicalisé et dont le tissu social se délite, on était habitué ces derniers temps à davantage de résignation (...) Il n'est pas certain, à ce stade, que les Français attribuent la responsabilité des difficultés au seul Nicolas Sarkozy. Trop instruits sur les causes et l'étendue de la crise, ils savent que les réponses seront avant tout d'ordre global. Mais ils en sont dans l'immédiat les premières victimes. Ont-ils, dès lors, d'autre recours que d'en appeler aux élus de la République pour faire entendre un message simple, implacable, dépourvu le plus souvent de considérations politiciennes : c'est à l'État d'assumer. Et à l'opposition jusqu'ici inexistante, de contribuer à trouver des remèdes. Car, s'il devait être pris à la légère, le mouvement d'hier ne pourrait que déclencher de nouvelles actions. Sans doute moins paisibles. Oui, la colère monte, la marmite bout."


LE DAUPHINE LIBERE
Didier Pobel

"S'il est bien difficile, au-delà de la rituelle bataille des chiffres, d'affirmer le degré d'historicité de la mobilisation, une chose est sûre: elle aura posé un incontournable jalon dans le quinquennat de Nicolas Sarkozy, vers lequel désormais les yeux sont davantage tournés (...) Le déploiement n'aura pas seulement été massif et imposant, il a également été marqué par ce qu'on pourrait appeler une grève citoyenne. Pas de chaos dans les transports, pas de ces signes extérieurs d'exaspération si fréquents en pareil cas, pas de véritables débordements en fin de cortèges. Et si c'était d'abord en cela que résidait l'originalité du mouvement? Une performance sans doute moins due aux effets du fameux service minimum imposé qu'à une sorte de désir collectif de ne pas entraver la vie quotidienne de tout un chacun. Un peu comme si, en 2009, il était apparu urgent de prouver qu'on peut être visible, sans être "nuisible". Gageons que, n'en déplaise à l'Élysée, tout le monde s'en sera aperçu."


NORD-ECLAIR
Patrick Pépin

"Pour un pays où les grèves passaient soi-disant inaperçues, la démonstration syndicale du 29 janvier a été très visible, et nombreuse (...) On n'a jamais vu les salariés arrêter de manifester alors qu'ils ont l'impression de tenir le bon bout. Quant aux partis politiques d'opposition, ils se refont une santé et ne vont pas se résoudre à quitter la scène alors qu'ils commencent à retrouver une crédibilité pour une possible alternance, d'autant qu'ils sont aiguillonnés par la gauche radicale. Enfin, on ne peut passer sous silence, le décalage entre les promesses électorales du candidat Sarkozy et la réalité de la politique du Président (...) Reste que le président de la République a du sens politique et qu'il peut trouver dans cet affrontement matière à rebondir. Seulement cette fois-ci, les tours de passe-passe, les invocations à Léon Blum ou à la Résistance ne sont plus de mise. Il faudra aller chercher au plus profond les raisons de donner de l'espoir à un peuple historiquement impatient."


LA NOUVELLE REPUBLIQUE
Denis Daumin

"Voici donc, par défaut de perspectives économiques, la lourde dynamique sociale de nouveau en mouvement. Le piètinement de ses cortèges, l'impact de ses slogans bénéficieront ponctuellement aux organisations syndicales. Ils interpellent le sommet de l'Etat qui exprimait hier une empathie tardive et impuissante avec les inquiètudes des manifestants. L'heure n'est plus à railler ce mode d'expression à la française, ce folklore hérité de Germinal. Il n'est pas inutile de s'interroger sur les ressorts de cet élan exprimé hier. Si nombreux, si longtemps dans la rue à quoi cela sert-il ? A dire, et montrer bien sûr pour se soulager du poids écrasant des incertitudes. A serrer les rangs face au néant. A être ensemble, c'est tout, sans autre illusion. Ce n'est pas rassurant."


MIDI LIBRE
François Martin

"Sarkozy l'hyperactif a réussi, au fil des mois, à fermer toutes les portes du dialogue. Les grèves, en France ? Personne ne s'en aperçoit. Les syndicats ? Il les reçoit mais ne les entend pas. La réticence au changement ? Il arrache les réformes avec les dents. Le pouvoir d'achat ? Il choisit la relance par l'investissement. Le hic: l'époque diffère de celle de sa prise de pouvoir. Aujourd'hui, le pays est plongé dans les affres de la crise. Inquiétude et détresse s'infiltrent insidieusement dans les esprits. La grosse colère d'hier, c'est celle des ménages devant la crise. Ils sont, pourtant, les derniers à en porter la responsabilité et les premiers à en supporter les conséquences. Cependant, Nicolas Sarkozy a montré lors de sa présidence de l'Europe, mais aussi à l'occasion du Grenelle de l'Environnement, qu'il pouvait écouter. Dialoguer. Convaincre. Et peut-être changer."


PARIS NORMANDIE
Michel Lépinay

"Le fait que le mouvement de grève, en particulier dans les services publics, n'ait pas été à la hauteur des ambitions syndicales n'enlève rien au succès de la journée. Mais maintenant, qu'est ce qu'on en fait ? Les Français ont dit massivement leur inquiétude face à la crise (...) Les syndicats, forts de leur succès, vont sans doute essayer de pousser leur avantage. Mais pour en arriver où ? Personne ne peut imaginer sérieusement un "effet CPE". Le gouvernement ne va pas changer radicalement de politique pour répondre aux attentes des manifestants (...) Si on ne change pas de politique, il faut sans doute au minimum changer un peu la manière. Celle du président qui semble prendre plaisir à noircir en permanence le tableau offert par la société française, pour valoriser mieux son action providentielle, a sans doute démontré hier ses limites (...) Sarkozy 1, le président "bling-bling" a cédé la place à Sarkozy 2, le président anxiogène. Les Français qui défilaient hier attendent maintenant la nouvelle version."


LA REPUBLIQUE DU CENTRE
Jacques Camus

"Il ne faudrait pas résumer cette journée de grève à une trop dérisoire bataille de chiffres sur le nombre des manifestants (...) Dans un sobre communiqué, Nicolas Sarkozy a jugé "légitime" l'inquiétude qui s'est exprimée hier. On est donc très loin des remarques ironiques sur " les grèves dont personne ne s'apercevrait plus désormais en France ". Faudrait-il en conclure que Nicolas Sarkozy est réellement en train de changer ? Ou bien s'agirait-il seulement pour lui de bercer de mots l'opinion dans une sorte de traitement psychologiquepassager ? Dans ce cas, Nicolas Sarkozy prendrait un bien grand risque. Car en ayant évoqué la légitimité du vaste mouvement d'inquiétude d'hier, il s'est pratiquement condamné à y apporter une réponse concrète. Il a trop usé jusqu'à présent de condamnations péremptoires, d'exigences de moralisation des marchés, de mises en demeure et de menaces de dénonciation, restées sans effet, pour décevoir l'attente qu'il vient lui-même de créer. Lui non plus ne peut plus se permettre de promettre l'espoir à crédit en usant du réconfort illusoire du verbe. Convenons-en: le défi est dur à relever."


LE REPUBLICAIN LORRAIN
Philippe Waucampt

"Cette journée a donc consacré un mouvement plutôt réussi contre tout ce qui, ces derniers mois, a failli mettre le système par terre. La mobilisation a été conséquente. Autant que lors des manifs anti-CPE d'il y a trois ans. Autant que durant la difficile réforme des retraites de 2003 ou la longue grève anti-Juppé qui, la décennie passée, apprit le covoiturage et la marche aux Français. A l'aune de ces précédents, c'est conséquent. A cette différence près qu'il n'y a, cette fois, ni objectif précis à atteindre ni mur à abattre. Le pays, hier, était dans la protestation pure. Et c'est bien cela qui préoccupe le gouvernement. Sitôt la parenthèse refermée, Nicolas Sarkozy a jugé légitime l'inquiétude manifestée (...) Depuis hier, la France est devenue un peu plus moderne. Sans être moins inquiète pour autant face à une crise dont les retombées commencent seulement à se mesurer."


OUEST-FRANCE
Paul Burel

"Si Nicolas Sarkozy espérait se tirer du mauvais pas de la grogne sociale en faisant le gros dos, c'est fichu. La mobilisation, réalisée sans le chaos et le désordre annoncés ou espérés par certains, est sans équivoque. Bien au-delà de l'habituel noyau dur du public ¬ Éducation, SNCF, La Poste ¬ elle s'avère exceptionnellement massive et spectaculaire (...) Quoi qu'il en dise, le Président pourrait être amené à freiner son ardeur réformatrice, sinon à infléchir sa politique pour stimuler la confiance, le moteur central de la croissance. La relance, la nécessaire relance, ne passe pas seulement par une aide financière substantielle aux banques et aux industries défaillantes. Elle est aussi indexée sur le moral, les revenus et, in fine, la consommation des salariés et des ménages. C'est ce que les syndicats martèlent depuis des mois. Le patron de l'Élysée peut-il continuer à ignorer cette attente ? Une récente étude du Cetelem souligne qu'un regain de pouvoir d'achat et de consommation profiterait de façon prioritaire au secteur de l'alimentation, donc à la production française et à l'emploi. À méditer, non ?"


L'ALSACE
Patrick Fluckiger

"La première journée d'action nationale, depuis le déclenchement de la crise financière, est un succès (...) Nicolas Sarkozy va devoir ravaler ses imprudentes paroles de juillet dernier sur les grèves qui passent " inaperçu " et montrer, au contraire, qu'il a entendu l'inquiétude exprimée dans la rue. Peut-il aller plus loin que les paroles compassionnelles qu'il a déjà prononcées ? L'élaboration d'un nouveau plan de relance privilégiant la consommation ou l'annulation des suppressions d'emplois dans l'Education remettrait en cause tous les objectifs d'assainissement de son quinquennat. Les syndicats ont placé la barre très haut : trop peut-être pour obtenir satisfaction, mais suffisamment pour compliquer la tâche du gouvernement. Ce n'est pas encore un bras de fer, mais déjà plus qu'un round d'observation."


L'EST REPUBLICAIN
Rémi Godeau

"Les relativistes de l'UMP pourront nuancer le taux de participation, constater l'absence de blocage des transports ou moquer un mot d'ordre syndical aussi large que flou. Il n'empêche... Sans verser dans la bataille des chiffres, la mobilisation d'hier égale celles contre le contrat première embauche en 2006 ou contre la réforme des retraites en 2003. Et rappelle par la diversité des manifestants celle contre le plan Juppé sur la Sécurité sociale en 1995. A tel point qu'il est inimaginable aujourd'hui que Nicolas Sarkozy se contente de prendre acte de ce " cri de colère ", exutoire historique, avant de reprendre son agenda d'hyperprésident comme si de rien n'était (...) Paradoxalement, l'intensité de la crise ouvre une opportunité au gouvernement. Face à la multiplication des plans sociaux et à l'effondrement de la croissance, un nouveau plan de relance semble inévitable. Il pourrait être discuté " dans l'écoute et le dialogue ", selon les mots du nouveau vocabulaire présidentiel."


VOIX DU NORD
Hervé Favre

"On annonçait un jeudi noir dans les transports, mais à l'arrivée trains et métros ont été plus nombreux que prévu. Cependant les huit syndicats qui appelaient hier le pays à se mobiliser contre la politique économique du gouvernement ont réussi à mobiliser dans les rues (...) Pour les responsables syndicaux et les partis de gauche qui les soutiennent, la démonstration de force n'a pas été complète puisque ce mouvement n'a pas paralysé le pays, ni sa capitale, comme le souhaitaient ses organisateurs. Une bonne surprise pour les usagers que le gouvernement ne manquera pas de mettre à son actif (...) Les huit organisations syndicales doivent maintenant se mettre d'accord sur la suite à donner à cette journée. Elles ont prévu de se voir lundi pour en décider, et l'unité qui a prévalu jusque-là pourrait être mise à rude épreuve. Soulignant que l'" on ne peut pas faire dix manifestations contre la crise ", François Chérèque rappelait mercredi: " On ne résout pas la crise avec des manifestations, on pose le problème" Un million et demi de personnes dans la rue, c'est assurément un gros problème à résoudre pour Nicolas Sarkozy.


LA PRESSE DE LA MANCHE
Jean Levallois

"La journée de grèves et de manifestations d'hier a été largement suivie. Pour les organisateurs, le succès est complet et la météo a offert à ce cri face à la crise, un temps idéal, un peu frais mais ensoleillé malgré la gravité de la situation. Un cri immense parce que l'inquiétude, la peur, sont dans bien des têtes, accablées par les informations qui pleuvent, jour après jour (...) La démagogie est toujours une lâcheté qui ne rapporte rien, et finit par être payée très cher. Les syndicats parlent de 2.500.000 manifestants en France. Retenons leur chiffre. Car il n'y a personne qui soit pour la crise, ni pour la récession, ni pour le chômage. Seulement, la colère, le cri qui se fait entendre, les aspirations à meilleur sort qui sont la réalité manifestée hier, se télescopent avec cette crise tout aussi réelle, et qu'on ne pourra résorber en l'aggravant par les procédés habituels utilisés depuis trente ans."


LA CHARENTE LIBRE
Jacques Guyon

"Finie l'ironie sur ces "grèves dont personne ne s'aperçoit plus", l'heure est à la "priorité à la solidarité nationale". Paroles, paroles ? Même si les mots ont toute leur importance en ces temps d'extrême crispation où le moindre d'entre-eux prononcé de travers peut provoquer l'embrasement, il en faudra sans doute un peu plus pour calmer les esprits et entraîner les citoyens à accomplir cet "effort commun pour sortir de la crise". Nicolas Sarkozy doit comprendre que sa posture de Président de "rupture" qui l'a fait élire par temps calme n'est plus adaptée en période de grande tempête. Bringuebalés par la crise, les Français ont moins besoin d'un hussard qui taille à la hache dans les acquis que d'un pompier attentif doublé d'un capitaine fixant un cap. A condition que celui-ci comprenne enfin qu'on ne peut demander des efforts, des sacrifices à un équipage qu'à la condition que ceux-ci soient équitablement répartis."


NICE-MATIN
Jean-Louis Gombeaud

"Mis à part l'expression d'une angoisse et d'une vraie souffrance ces défilés, aussi réussis soient-ils pour leurs organisateurs, auront du mal à déboucher sur des résultats concrets. Avec la crise qui est une dure réalité, les marges de manoeuvres du pouvoir sont quasiment nulles. Hier, les syndicats affirmaient que la mobilisation leur rappelait 1994. C'est exact. Mais à l'époque nous sortions de la récession brutale de 1993 et le rebond de croissance fabriquait du grain à moudre pour satisfaire certaines des revendications sociales. D'une certaine façon, ça valait le coup de protester. Si la crise se prolonge "des années" ce scénario de l'issue heureuse pour les protestataires n'est donc pas le plus probable, sauf à ce qu'en ligne de mire des défilés se profile une perspective politique de changement. Or, elle n'existe pas. Le PS a d'autres chats à fouetter (...) La reprise économique n'étant pas en vue, l'espoir d'un changement de politique n'étant pas à l'ordre du jour, on ne parvient pas à deviner quelle direction peut désormais prendre ce mouvement. Que démontre la démonstration d'hier ?"


L'UNION
Hervé Chabaud

"En volume, c'est du massif et un sévère avertissement en direction de l'Élysée! Les défilés protestataires ont été denses et peuplés de manifestants incisifs dont le point commun est d'estimer que les salariés sont les oubliés de la crise. Les soutiens annoncés aux entreprises n'empêchent pas des licenciements massifs. D'où une demande insistante de protection contre une fracture économique dont l'ampleur et les développements interdisent de se projeter dans l'avenir (...) Le moteur de la contestation est allumé et son régime est déjà élevé. Alors que le FMI table sur une récession d'environ 2 % pour la France, l'urgence d'un dialogue social pragmatique s'impose. En ayant bien à l'esprit qu'un surcroît de pouvoir d'achat ne doit pas aboutir à une explosion de nos importations, qui se situent déjà à un niveau inacceptable. Dans une économie avancée pariant sur son savoir et sa valeur ajoutée pour créer par son intelligence de la richesse, il faut être capable de s'entendre sur des choix qui ne creusent pas un peu plus l'ornière où nous sommes bloqués."

29.01.2009

CE SOIR, conseil municipal

2008_01_12_boulbi07.JPGVous êtes invités à venir en mairie pour assister au conseil muncipal qui débutera à 19H.
Vous pouvez aussi le visionner en direct sur le site Internet de la ville.

28.01.2009

COMMUNIQUÉ DU COLLECTIF FIEF

 Fief_banderole_3[1].JPGA BOULOGNE-BILLANCOURT, UNE SITUATION PREOCCUPANTE DUE AUX ANTENNES-RELAIS DE TELEPHONIE MOBILE

 

Le colloque organisé le lundi 12 janvier 2009 à l’Assemblée Nationale à l’initiative du député  Noël Mamère en partenariat avec Robin des Toits, la Fondation Sciences Citoyennes, le SUPAP-FSU et le CRIIREM, a mis en lumière les préoccupations de plus en plus vives des habitants des quartiers où se multiplient les implantations des antennes-relais.

Et ceci, partout en France.

A Boulogne-Billancourt (92), devant la gravité de la situation, les riverains perdent patience.

 

Au colloque du 12 janvier, étaient représentés les habitants du 30 rue du Fief qui vivent une situation très difficile. Neuf antennes relais ont été installées depuis 2004 sur le même toit par les trois opérateurs  et l’immeuble du 65 rue du Point du Jour -10 mètres plus loin- en compte déjà quatre (installées en toute illégalité puisque sans autorisation du Maire) qui devraient être remplacées prochainement par six antennes de 3ème génération, beaucoup plus puissantes. A eux seuls, ils illustrent les risques sanitaires de plus en plus probants qu’on peut constater, l’incohérence d’une politique du court terme qui privilégie systématiquement les intérêts des opérateurs de téléphonie mobile sans tenir compte de la santé et de l’équilibre des riverains et l’indifférence d’une équipe municipale qui continue d’accepter de nouvelles implantations dans un quartier déjà suréquipé (40% des implantations se situent dans ce seul quartier),  en dépit des promesses formelles faites avant  les élections, des courriers innombrables et des propositions de dialogues de la part de ceux qui sont directement concernés puisqu’ils vivent- et meurent en l’occurrence- juste sous les antennes.

 

Il faut rappeler que leur mobilisation  remonte à plusieurs années et que d’emblée ils avaient affiché leur position auprès de leur propriétaire l’OPHLM de Boulogne-Billancourt, responsable des installations d'antennes, puis auprès du député Pierre-Christophe Baguet, alors candidat à la mairie.

Celui-ci alertait par lettre du 22 janvier 2008 le maire sortant  Pierre-Mathieu Duhamel sur les inquiétudes des locataires du 30 rue du Fief et écrivait le 27 février dernier à l'un d’eux : « Je regrette de n'avoir pas reçu à ce jour de réponse du Maire de Boulogne-Billancourt Pierre-Mathieu Duhamel. Je mesure pleinement la gravité de ce problème de santé publique (...)  je tiens à vous assurer de mon total soutien dans votre action.(...)  il me semble en effet, sans être spécialiste de la question, qu'il y a suffisamment de controverses sur les aspects sanitaires de la téléphonie mobile pour appliquer le principe de précaution. il ne faut pas mettre la santé de quiconque en danger. Aussi, j'espère que la Présidente de l'Office, Madame Michèle Pétin, a déjà agi en ce sens en dénonçant les contrats qu'elle a conclus isolément avec les opérateurs propriétaires des actions"  Le futur maire précisait aux locataires peu avant les élections : «  Si je suis élu je ferai retirer toutes les antennes du 30 rue du Fief »…… !!!

 

Depuis, rien n’a changé, aucune décision n’a été prise mais, dans cet immeuble de la rue du Fief, sept cas de cancer sont apparus en trois ans et plusieurs personnes en sont mortes. D’autres pathologies apparaissent (pertes d'audition jusqu'à 70 %, insomnies, vertiges, maux de tête, pertes de mémoire, fatigue persistante) des phénomènes rendent la vie très difficile à certaines personnes comme celles, par exemple, qui portent un  pacemaker.

A la demande pressante des habitants, Monsieur Gallant, Conseiller municipal et  Président de l'OPHLM a chargé le CRIIREM (Centre de Recherche et d'information Indépendantes sur les Rayonnements Electromagnétiques non ionisants) d'expertiser les appartements  pour mesurer les champs électromagnétiques et Monsieur Gallant s'était engagé à  remettre les conclusions de ce rapport à tous les locataires  (en juillet dernier il écrivait :"il va de soi que les conclusions du rapport vous seront communiquées ainsi qu'à l'ensemble des locataires lors de la réunion que j'organiserai à la rentrée de septembre"), ce qui n’a pas été fait.

Toujours en juillet, il écrivait que si les conclusions du Criirem étaient alarmantes, il ferait procéder immédiatement au démontage des antennes  :« J’ai tenu compte de la légitime inquiétude des locataires pour ne pas laisser subsister de doute pendant plusieurs mois supplémentaires et surtout de pouvoir prendre immédiatement les mesures nécessaires si le diagnostic mettait en évidence une sur-exposition. » "La sur-exposition, si elle est constatée par le CRIIREM permet de lancer les opérations de démontage, dans les conditions techniques et juridiques que je demanderai à cet organisme de me préciser, s'il l'atteste"

 

Les conclusions de l’expertise rendues le 4 août dernier par le Professeur Pierre Le Ruz, Docteur en physiologie, Expert en rayonnements non ionisants,  Président du Criirem ont été alarmantes : 

 "Dans tous les appartements expertisés, il y a lieu de craindre des effets physiopathologiques.

La valeur limite de 1 V/m qui garantit l'innocuité sanitaire, pour les effets à long terme (syndrome des micro-ondes, pathologies neuro-endocrino-immunitaires) et pour les effets promoteurs ou copromoteurs de cancers est toujours dépassée." "Dans certains appartements expertisés, il a été détecté des valeurs RMS maximales supérieures à 3 V/m qui peuvent provoquer des dysfonctionnements sur les appareils électriques, électroniques in situ, mais aussi les appareils d'assistance médicale, tels que stimulateurs cardiaques ou pacemakers, pompes à médicaments, dispositifs intracrâniens et auditifs..."

 

Par courrier adressé en octobre dernier au Président de l'OPHLM,  Marc Cendrier, chargé de l'information scientifique auprès de  Robin des Toits, alerte de nouveau monsieur Gallant sur la situation des locataires de cet immeuble : "les locaux où la mesure globale est supérieure à 3 V/m sont dans un état d'illégalité et  les porteurs d'implants pacemakers ou autres, y courent des risques graves", " accepter une installation sans imposer de règle aux opérateurs équivaut à participer à la destruction de la santé publique".

 

Devant cette situation aberrante, on est donc en droit de s’interroger sur le comportement du maire et de son équipe qui, bien que parfaitement informés du problème, persistent, dans un silence et un immobilisme total, à ignorer les problèmes et les souffrances de ces personnes qui sont leurs administrés.

Malgré les efforts de tous, malgré les résultats alarmants des expertises sur place faites par des scientifiques, malgré l’argumentation des spécialistes comme le Professeur Belpomme (cancérologue à l'hôpital Georges Pompidou), le professeur Le Ruz, le professeur Johansson (co-auteur du Rapport BioInitiative) présents au colloque du 12 janvier, malgré les interventions de l’Association Nationale Robin des Toits, non seulement le démontage de ces antennes n’est pas à l’ordre du jour mais le Maire Pierre-Christophe Baguet a autorisé par arrêté du 29 octobre dernier, la société Bouygues à installer des antennes 3G (les plus puissantes puisqu'elles sont de 2100 Mhz ) sur l'immeuble du 65 rue du Point du Jour, voisin de celui de la rue du Fief, arrêté contre lequel les habitants du 30 rue du Fief et les riverains ont déposé un recours. Il faut savoir que ces antennes de 3ème génération servent uniquement à permettre de capter Internet et la TV sur le portable !

 

Les riverains qui redoutent parce qu’ils les constatent, les effets délétères des ondes électro-magnétiques induites par les antennes-relais de téléphonie mobile risquent donc aujourd’hui, de les voir se multiplier par 3 ou 4…….

Nous voici bien loin du principe de précaution prévu dans la Constitution, bien loin des promesses électorales, bien loin aussi du simple bon sens…..

                                                                                                            Collectif Fief

                                                            le  19/01/09               Membre de Robin des Toits

                                                                                                        tél : 01 46 20 13 09

27.01.2009

Mouvement de grève de la Poste

 images.jpgQuestion orale de Marie-Hélène Vouette

 

Conseil municipal du 29 janvier 2009

Depuis le 12 janvier, suite à un mouvement de grève des agents de la Poste, les Boulonnais ne reçoivent pratiquement plus de courrier.

Ce mouvement de grève inédit à Boulogne-Billancourt, fait suite au projet "facteur d'avenir" initié au niveau national par la Poste et qui se traduit à Boulogne Billancourt par la suppression d'une douzaine de tournées sur 86.

Mise en œuvre, cette nouvelle organisation aurait pour conséquence d'alourdir les tournées des facteurs qui devront également remplacer leurs collègues absents. Pour les Boulonnais, cela se traduirait par une valse incessante de facteurs différents avec des répercussions indéniables sur la qualité de service mais aussi sur la dimension sociale du métier de facteur. Sans compter que l’afflux prochain de nouveaux habitants sur les terrains Renault pose question. Comment assurer la distribution du courrier à 15000 à 20000 habitants supplémentaires tout en diminuant de façon conséquente le nombre de postiers ?

M le maire, une délégation de facteurs a sollicité votre intervention en tant que médiateur pour trouver une solution à cette crise.


Pouvez-vous nous dire quelles ont été les mesures prises par la municipalité dans ce domaine.

 

Transmission du Conseil municipal sur le site Internet

ImageQuestion orale de Jean-Michel Tisseyre

CM du 29 janvier 2009

Monsieur le Maire,

La semaine dernière la presse se faisait échos de l’abandon possible de la transmission du CM sur le site de la Ville, au motif d’une audience assez faible et orientée à la baisse.

Nous regrettons qu’une telle innovation n’ait jamais réellement été promue auprès des boulonnais ce qui explique que nos concitoyens ne l’aient pas encore tout à fait adopté.

La promotion de ce nouveau canal de communication aurait pourtant été aisée et tout à fait indiquée lors des « Rencontres avec les élus » sur les marchés  ou bien lors des récentes « Rencontres de quartiers ». Un ordinateur portable en lecture bouclée sur nos dernières séances aurait suffi à faire connaître ce nouveau concept. Des flyers signalant l’adresse de cette retransmission en temps réel comme en différé auraient pu être aussi diffusés dans la ville. Enfin peut-être, une meilleure ergonomie de notre site permettant un accès direct aurait pu aussi favoriser l’intérêt de nos concitoyens.

Etant regrettable que le communication ne soit pas à l’hauteur de l’intérêt d’un outil aussi innovant et performant, pouvez-vous nous dire, M Le Maire, quelles mesures la municipalité compte t’elle mettre en œuvre afin d’augmenter l’affluence de notre retransmission et pérenniser ainsi cette nouvelle offre technologique ?

 

ZAC Seguin-Rives de Seine-diminution du nombre de logements

image.jpg 

Question orale de Martine Even

Conseil municipal du 29 janvier 2009

 

Monsieur le Maire,


Lors du conseil municipal du 11 décembre 2008, plusieurs membres de notre groupe vous ont posé des questions restées sans réponse claire de votre part quant à un paragraphe de la délibération N° 2 (ZAC Seguin-Rives de Seine).

Ce paragraphe précisait : "Une évolution du programme est en cours de discussion afin d'augmenter le programme de bureaux de 30 000 m2 SHON et de diminuer d'autant le programme de logements. Cette évolution devrait se concrétiser début 2009 afin de maintenir le calendrier de démarrage du Trapèze Est".

Merci, monsieur le Maire de bien vouloir répondre aux questions que je reformule :

  • Au détriment de quels types de logements allez vous faire construire les bureaux ?

  • Sur quelles études vous appuyez-vous pour penser que nous manquons ou que nous manquerons de bureaux à Boulogne-Billancourt ?

Le contexte actuel de crise économique a t-il été pris en compte dans vos décisions, et ne risquons – nous pas de connaître la même mésaventure qu'avec le centre ville?

24.01.2009

ORDRE du JOUR Conseil municipal du 29 janvier 2009

L’ordre du jour est le suivant:

a) Appel nominal.
b) Désignation d’un secrétaire de séance.
c) Compte rendu des décisions prises en vertu de la délégation donnée par le Conseil au Maire.
d) Approbation du procès-verbal de la séance du 11 décembre 2008.
e) Questions orales.

1 - Lancement de la procédure de fusion des communautés d’agglomération Val de Seine et Arc de Seine.

Commission de l'Urbanisme et des Travaux et Commission des Finances

(M. BAGUET)

2 - Personnel communal – Transformation de postes.

Commission des Affaires Générales et Sociales et Commission des Finances

(Mme BELLIARD)

3 - Mur Mitoyen situé 36, rue Denfert Rochereau – Autorisation donnée au Maire pour signer la convention de répartition de financement des travaux.

Commission de l'Urbanisme et des Travaux et Commission des Finances

(Mme BELLIARD) 2

4 - Révision des tarifs applicables à compter du 1er février 2009.

Commission des Affaires Générales et Sociales et Commission des Finances

(Mme BELLIARD)

5 - Passeports biométriques - Autorisation donnée au maire pour signer la convention avec le Préfet pour la mise en dépôt des stations d’enregistrement des données.

Commission des Affaires Générales et Sociales et Commission des Finances

(Mme BELLIARD)

6 - Marché d’entretien, maintenance, réparations et dépannage des portes automatiques - Avenant n°2 – Autorisation.

Commission de l'Urbanisme et des Travaux et Commission des Finances

(M. RICARD)

7 - Débat sur les Orientations Budgétaires (D.O.B.) de l’exercice 2009.

Commission des Finances

(Mme DUBOST)

8 - Conventions d'objectifs entre la Ville et certaines associations subventionnées - Autorisation donnée au Maire pour signer les conventions correspondantes.

Commission des Affaires Générales et Sociales et Commission des Finances

(Mme DUBOST)

9 - Logement social - Transfert de 2 garanties communales de la SA d’HLM Immobilière 3F vers la SA d’HLM Résidences sociales d’Ile de France – Autorisation donnée au Maire pour signer les actes afférents.

Commission des Affaires Générales et Sociales et Commission des Finances

(Mme DUBOST)

10 - ZAC Seguin-Rives de Seine – Lot A3E – Acquisition en VEFA de 42 logements par Paris Habitat – OPH (OPAC de Paris) – Garantie des emprunts – Droits de réservation – Autorisation donnée au Maire pour signer les actes afférents.

Commission des Affaires Générales et Sociales et Commission des Finances

(Mme DUBOST)

11 - ZAC Seguin - Rives de seine – Lot B3F – Acquisition en VEFA de 32 logements par Paris Habitat OPH (OPAC de Paris) – Garantie des emprunts – Droits de réservation - Autorisation donnée au Maire pour signer les actes afférents.

Commission des Affaires Générales et Sociales et Commission des Finances

(Mme DUBOST)

12 - Convention avec le Lycée Notre Dame de Boulogne - Participation au voyage scientifique d’élèves de la terminale S au Futuroscope de Poitiers – Autorisation.

Commission des Affaires Générales et Sociales et Commission des Finances

(M. BAROLI)

13 - Modifications du dispositif d’attribution des bourses de l’initiative – Communication.

(M. BAROLI)

14 - Semi-marathon Christian Granger et fête du Sport 2009 – Autorisation donnée au Maire

3

pour solliciter des subventions départementales pour manifestations sportives à caractère particulier et toutes autres subventions.

Commission des Affaires Générales et Sociales et Commission des Finances

(M. LOUAP)

15 - Marché de prestations de transports en commun.

Commission des Affaires Générales et Sociales et Commission des Finances

(M. GARDILLOU)

16 - Fourniture, pose, paramétrage et maintenance des équipements de vidéo-protection au jardin de la Bellefeuille – Appel d’offres ouvert – Autorisation donnée au Maire pour lancer la procédure.

Commission de l'Urbanisme et des Travaux et Commission des Finances

(M. GARDILLOU)

17 - Equipements petite enfance – Demandes de subventions - Autorisation donnée au Maire pour solliciter des subventions auprès de l'Etat, de la Région, du Département et de la Caisse d'Allocations Familiales pour l'investissement et le fonctionnement des équipements municipaux.

Commission des Affaires Générales et Sociales et Commission des Finances

(Mme BOUEE)

18 - Promotion de l’emploi dans les marchés liés aux travaux de rénovation urbaine du Pont de Sèvres – Plan local d’Application de la Charte nationale d’Insertion ANRU - Autorisation.

Commission des Affaires Générales et Sociales et Commission des Finances

(M. COQUEBERT de NEUVILLE)

19 - Equipements culturels – Demandes de subventions - Autorisation donnée au Maire pour solliciter des subventions auprès de l'Etat, de la Région, du Département et de la SACEM pour le fonctionnement des équipements culturels municipaux et dans le cadre de la convention ville d’art et d’histoire - Autorisation donnée au Maire pour signer les conventions correspondantes.

Commission des Affaires Générales et Sociales et Commission des Finances

(M. FOURNIER)

20 - ZAC Seguin Rives de Seine – Equilibre social de l’Habitat – Attribution d’une subvention à l'Entreprise Sociale pour l’Habitat OSICA pour l’acquisition en VEFA de 54 logements locatifs sociaux sur l’îlot B3C – Autorisation.

Commission des Affaires Générales et Sociales et Commission des Finances

(M. GALLANT)

21 - Autorisation donnée au Maire pour signer la convention de délégation des logements locatifs sociaux relevant du contingent préfectoral.

Commission des Affaires Générales et Sociales et Commission des Finances

(M. GALLANT) 4

22 - Boulogne-Billancourt Habitat - Autorisation donnée au Maire pour engager la procédure de changement d'appellation.

Commission des Affaires Générales et Sociales

(M. GALLANT)

23 - Composition du Conseil Economique et Social Local selon les termes de l’article L.2143-2 du Code Général des Collectivités Territoriales et conformément aux statuts adoptés par notre assemblée.

Commission des Affaires Générales et Sociales

(M. BACCHETTA)

23.01.2009

ANTENNES RELAIS

Fief banderole 3.jpgDéplacer les antennes relais de téléphonie mobile, c’est déplacer le problème

 Confrontés depuis plusieurs années à une forte concentration des antennes relais sur le toit de leur immeuble, les riverains du 30 rue du Fief à Boulogne-Billancourt manifestent leur mécontentement en affichant depuis quelques jours une banderole de protestation sur leur immeuble. En effet, l’action de la municipalité a uniquement consisté jusqu’ici à laisser installer, en remplacement, des antennes encore plus puissantes de 3ème génération, à proximité immédiate de l’emplacement qui posait problème.

Alerté par les Boulonnais inquiets quant à leur santé, notre groupe a depuis plusieurs mois interpellé le maire. En novembre 2008, la municipalité disait s’engager sur une voie de " transparence et de précaution ", et annonçait la constitution d’un groupe de travail sur la question. Or à ce jour, ni les associations de locataires, ni l’opposition municipale n’ont été conviées à la moindre réunion sur ce sujet.

Le groupe @lternance demande :

  • La mise en place effective d’un groupe de travail sur la question des antennes relais avec participation des différents acteurs concernés.
  • Une application du principe de précaution dans notre ville, fixant la mesure du seuil d'exposition aux ondes électromagnétiques à 0,6 Volt/mètre (comme en Autriche), afin de garantir une innocuité sanitaire.
  • Une cartographie régulière des différentes installations d’antennes relais et de téléphonie mobile sur notre commune et une information transparente de déclaration de travaux pour chaque installation d’antenne.
  • Une réunion publique avec des spécialistes de la question afin que les Boulonnais puissent s’exprimer sur ce sujet primordial de santé publique.

 

INTERVIEW d'HUBERT VEDRINE

"TANT QU'IL Y AURA DES HOMMES L'HISTOIRE REBONDIRA"
LE SPECTACLE DU MONDE, JANVIER 2009
Propos recueillis pas François BOUSQUET et Gérard OLIVIER
Le Spectacle du monde : Votre dernier essai « continuer l’Histoire » vient d’être publié aux Etats-Unis avec un titre digne du grand écran, « History strikes back ». Au-delà d’une réponse à ceux qui proclamaient voici quinze ans « la fin de l’histoire », votre propos est de souligner que l’histoire ne s’arrête jamais…

Hubert Védrine : Je voulais signifier à ma façon que les Occidentaux se reposaient, depuis la fin de l’Union soviétique, sur l’illusion que l’histoire est finie, faute de combattants, que l’Occident, son économie de marché, ses valeurs, jusqu’aux Droits de l’homme, allaient s’imposer partout, sans rencontrer de résistance. Un tel état d’esprit traduisait de toute évidence un excès de confiance, une forme d’hubris. C’était donc de ma part un appel à se réveiller et à se mobiliser. L’histoire continuait et elle risquait de continuer sans nous.

Vous récusez l’idée que l’histoire ait une finalité, ou du moins un sens, comme dans le schéma hégélien ?

On ne pourra en définir le sens qu’à la fin si il y en a une ! Tant qu’il y aura des êtres humains, l’histoire rebondira, pour le meilleur et pour le pire. Si on rapproche l’optimiste vision du progrès du XVIIIe siècle avec les tragédies du XXe siècle, il est bien difficile d’assigner un sens à l’histoire. Il serait du reste plus shakespearien qu’hégélien : les hommes font l’histoire, mais ils ne savent pas l’histoire qu’ils font.

Dès 1998, alors que Bill Clinton était encore président, vous avez créé l’expression d’« hyperpuissance » au sujet des États-Unis. Dix ans plus tard, cette expression peut-elle encore s’appliquer ?

Le concept de superpuissance n’était plus satisfaisant. On l’avait hérité de la guerre froide. Il était un peu étriqué. De même que l’on parle de supermarché et d’hypermarché, il me semblait que l’on pouvait alors parler d’hyperpuissance américaine. Le mot est resté, sans doute parce qu’il y avait un manque. On a pu se méprendre sur son sens. C’est un terme descriptif, pas polémique. Certains, dont des Américains, ont cru que c’était de ma part une attaque virulente contre les Etats-Unis, parce que le terme « hyper » en anglais est associé à des pathologies. Ce qui n’est pas le cas en français. Hyperpuissance ne veut pas dire que l’Amérique est omnipotente ou invulnérable, mais qu’elle représente une puissance sans précédent dans l’histoire. Jusque-là, l’influence des empires était géographiquement circonscrite. Pour la première fois, elle est globale. En dépit de la crise, je ne vois pas qui pourrait la supplanter dans les vingt ou trente ans à venir. La Chine est loin d’avoir le même rayonnement culturel, linguistique, politique.

Quelles réflexions vous inspire la victoire d’Obama ?

Sa victoire appelle des sentiments mêlés. En premier lieu sur le peuple américain, qui est tout de même étonnant : il est capable d’élire, certes dans des conditions controversées, Bush, avant de le réélire largement, et quatre ans plus tard, de porter au pouvoir un homme qui est aux antipodes de ces positions. C’est à la fois sympathique, par la capacité à se contredire des Américains, et inquiétant, parce qu’on en vient à se dire qu’ils pourraient à nouveau élire quelqu’un d’extravagant après Obama. Cela dit ne boudons pas notre plaisir !
Il faut ensuite distinguer les qualités, apparemment exceptionnelles, d’Obama, son talent, son intelligence, son sang-froid, de la perception qu’on en a. Bref, ne pas confondre Obama et l’idéalisation qu’en donnent les Européens. Cette vague d’« obamania » est saisissante. C’est comme si les Européens avaient horriblement souffert de ne pas pouvoir aimer l’Amérique pendant les huit années Bush, tellement Bush apparaissait caricatural ! Un tel sentiment me semble proche d’une forme d’aliénation. Je le dis d’autant plus facilement qu’Obama semble extraordinaire. Mais la lecture politiquement correcte, énamourée, des commentateurs européens est hors sujet. On a fait semblant de croire qu’il a été élu parce qu’il est Noir, alors qu’il est métis. Certes, des Noirs et des Chicanos, qui, jusque-là, ne votaient pas, ont voté pour lui. Ce qui a pesé dans nombre d’Etats clefs. Là n’est pas cependant l’explication principale de son élection. On l’a élu parce qu’il était le meilleur pour enrayer la crise, dans un contexte à la Roosevelt.

On ne sait finalement pas grand-chose d’Obama. Il est certainement trop tôt pour se prononcer. Estimez-vous qu’il y a cependant un moment Obama, une opportunité à saisir pour l’Europe ?

Oui il y a un « moment Obama ». Les Européens devraient se donner pour objectif de n’être pas seulement traités par les Etats-Unis en alliés, relais d’opinion ou fournisseur de troupes pour l’Afghanistan, mais en partenaires. Ce n’est pas aux Etats-Unis de le faire à leur place. Ils l’ont fait dans des circonstances exceptionnelles, quand ils ont enclenché la construction européenne, parce qu’il y avait la menace soviétique. Aujourd’hui, ils n’ont pas de raison spéciale d’avoir de projet pour l’Europe. Celle-ci n’est ni une menace, ni un problème, ni une solution à leur problème. Il dépend donc des seuls Européens d’harmoniser leurs approches sur les grands sujets du moment. Quelle politique à long terme avec la Russie, la Chine, l’Inde ou encore le monde arabe ? Que doit-on faire au Proche et au Moyen-Orient ? Quelle est notre conception de la gestion des affaires internationales ? Les Européens devraient se livrer à un exercice de ce type sur la plupart des grands sujets. Sans quoi ils ne pèseront pas beaucoup, ni par rapport aux Etats-Unis, ni par rapport aux pays concernés.

Comment, faute d’unité politique, l’Europe pourrait-elle se faire entendre ?

On ne va pas se lamenter indéfiniment sur le fait que les Européens sont si souvent au départ divisés. Autant partir du principe que les nations européennes sont différentes et le resteront, en se débarrassant des reliquats de pensée fédéraliste, qui ont été psychologiquement nécessaires pour aider les Européens à sortir de leur nationalisme, mais qui sont aujourd’hui paralysants, parce qu’ils les conduisent à penser qu’ils sont trop petits ou trop las pour mener une politique de puissance. Il faut abandonner la nostalgie des « Etats-Unis d’Europe », et constater comme Delors qu’il s’agit d’une fédération d’Etats-nations. Ce doit être le point de départ, pour pouvoir ensuite méthodiquement surmonter nos divergences. Soit les Européens ne veulent pas devenir une puissance, car cela leur fait peur, et choisissent de vivre dans une sorte de grande Suisse. Soit ils se décident à agir vraiment ensemble, en faisant converger leurs approches.

Pour l’heure, à défaut d’approches communes, les Européens semblent préférer mettre en avant les Droits de l’homme. Le « droit-de-l’hommisme » constituerait-il une politique étrangère ?

Bien sur que non et chacun s’en rend compte maintenant. Le souci pour les Droits de l’homme est légitime, politiquement et moralement fondé, mais il ne peut pas constituer une politique étrangère. On ne peut pas troquer l’un contre l’autre. C’est là que se situe l’erreur des Européens. Qu’on me comprenne, je ne m’en prends pas aux Droits de l’Homme en soi. Si on disposait d’une baguette magique pour transformer la Chine en un immense Danemark, ou pour mettre un terme à la pratique de l’excision en Afrique de l’Ouest, je m’en réjouirais. Il se trouve qu’on ne l’a pas. Le problème ce n’est pas les droits de l’homme, c’est le prosélytisme occidental qui se heurte de plus en plus à un problème de légitimité, et d’efficacité.

Que pensez-vous de la thèse de Robert Kagan, qui disait en substance qu’on fait la politique de sa puissance… ou de son impuissance (il pensait à l’Europe) ?

A ce titre, le « droit-de-l’hommisme » apparaît bien comme un sous-produit de l’impuissance de l’Europe à un moment donné. Il est urgent de se débarrasser d’une certaine ingénuité européenne. On voit bien qu’on ne parvient pas à imposer nos vues à la Birmanie, à la Chine, au Zimbabwe, au Darfour, à l’Afghanistan, à la Russie et j’en passe ! En revanche, je crois dans les mouvements internes des sociétés. Le respect des Droits de l’homme gagne du terrain parce que les atteintes qui y sont portées deviennent progressivement intolérables aux opinions publiques internes. Même en Chine. Voyez le nombre de morts sous Mao Tsé-toung : des dizaines de millions. Il y en a eu 1 200 place Tian’anmen, 1 200 de trop, certes, mais ce n’est plus comparable. Et la Chine a encore changé depuis. Je suis assez optimiste dans la durée quant à la dynamique interne des sociétés et à la prise en compte de la démocratie. En revanche, je répète que l’Occident se fait des illusions sur sa capacité à imposer, de l’extérieur, ses convictions.

Est-ce que l’Europe pourrait du moins parler d’une seule voix vis-à-vis de la Russie ? Que devrait être la relation euro-russe ?

Nous sommes voisins de la Russie. Cela ne changera pas. D’un côté, nous avons besoin d’elle pour nos approvisionnements en pétrole et gaz. De l’autre, elle a besoin de nous pour les écouler. On a tout intérêt à faire prévaloir ces intérêts croisés fondamentaux, qui ne doivent pas nous conduire à une indulgence aveugle à l’égard de la Russie, laquelle défend ses intérêts de façon brutale et disproportionnée. Il faudrait trouver le ton entre ce qu’on n’accepte plus, ce qu’on peut corriger et les points sur lesquels on peut bâtir un partenariat. Simplement là aussi, il faut aussi et d’abord se mettre d’accord à vingt-sept, puis avec Obama. Toutes ces années, on aurait dû discuter autrement des projets d’installation anti-missiles, de l’indépendance du Kosovo. On aurait dû discuter de la question de l’élargissement de l’OTAN, qui ne se justifie plus à mes yeux. Et ne pas laisser le président géorgien lancer son offensive en Ossétie du Sud, pour le moins maladroitement, avec l’encouragement d’une partie de l’administration Bush, même si en droit, il a de bons arguments.

L’ambition de la Russie est-elle de reformer l’empire soviétique ?

La Russie souhaite qu’on arrête de l’humilier. Elle n’a ni les moyens, ni la volonté de reconstituer une puissance globale, ni de menacer qui que ce soit, en dehors de quelques petits voisins. Elle se bat, plus ou moins adroitement, pour rétablir sa place dans le système, pas pour lui en opposer un autre.

Notre monde connaît aujourd’hui de nombreuses crises, à commencer par une crise économique et financière profonde ? Y voyez vous une crise du capitalisme en soi ou une crise de ses dérives boursières ?

C’est une crise du capitalisme dérégulé, pas du capitalisme en soi. Ce n’est pas la fin de l’économie de marché, mais de l’économie casino. Elle fait suite à l’éclatement de la bulle autour de la nouvelle économie, aux crises russe et asiatique, à la crise alimentaire, à la crise écologique, ou plus exactement au compte à rebours écologique, le tout sur fond de rareté énergétique. Autant de crises et de problèmes qui s’imbriquent les uns les autres et vont accélérer la mutation géopolitique vers un monde multipolaire. On le voit d’ores et déjà avec le G 20, qui n’est plus le seul G 7. Sarkozy a fort justement parlé de « puissances relatives ».

Vous vous êtes interrogé très tôt sur les limites écologiques de la croissance. Pensez-vous qu’il soit nécessaire de la repenser ? Et sur quelles bases ?

Pas sur celles de la décroissance car c’est un concept inaudible par les opinions publiques. La seule voie, c’est de modifier le contenu de la croissance, avec des incitations fiscales appropriées, des pédagogies intelligentes et des percées scientifiques. Dans la comptabilité économique, tout ce qui est patrimonial ne compte pas. On mesure seulement des flux. Le jour où l’on parviendra à prendre en compte la valeur marchande du patrimoine naturel, le marché corrigera de lui-même les atteintes qui lui sont portées. Les valeurs porteuses seront celles qui dégageront à terme de la croissance écologique.

La crise écologique est globale. Elle appelle donc une réponse globale. Or, le protocole de Kyoto a écarté les pays émergents pour ménager leur croissance. Mais aujourd’hui comment évoquer la question du climat sans évoquer la question de la Chine ?

Crise globale appelle réponse collective. La Chine ne pourra pas y échapper. Longtemps, les pays émergents faisaient valoir leur retard de croissance. Leur argument, c’était de dire : l’Occident cherche à nous interdire ce qu’il a fait. Jiang Zemin, le précédent Président chinois, raisonnait ainsi. Il ne voulait entendre parler que de croissance. Il en va autrement avec l’équipe de Hu Jintao. Les choses bougent. Il faut voir les choses en dynamique, pas en statique. On commence à fermer des usines polluantes en Chine, à emprisonner tel ou tel responsable. Les autorités chinoises reconnaissent qu’il y a entre 70 et 80 000 manifestations ou incidents par an autour des questions sociales ou environnementales. Associer la Chine au G20, comme l’a fait à juste titre Sarkozy, va l’obliger à penser qu’elle partage la planète avec d’autres, et la responsabiliser.

Quelles solutions préconisez-vous pour sortir de la crise au Moyen-Orient ?

Je sais bien que la question palestinienne n’est pas la seule. Je sais bien que c’est un prétexte pour les terroristes. Je sais bien qu’une fois réglée, il n’en restera pas moins d’autres problèmes. Mais je connais assez ce monde pour savoir que tant que le problème palestinien n’aura pas été traité, on ne pourra pas avancer sur le reste. Le régler ne règlera pas tout, mais ne pas le régler compromet tout. Donnons aux Israéliens toutes les garanties de sécurité possibles et imaginables, mais arrêtons d’aligner la politique occidentale sur les exigences israéliennes, elles-mêmes prisonnières d’un système électoral, la représentation proportionnelle, qui fait que n’importe quel parti extrémiste qui réunit 1 % des voix peut tout influencer. Voila plus de dix ans que l’opinion israélienne accepte l’idée d’un Etat palestinien, mais rien n’a avancé à cause de deux grands malheurs, l’assassinat de Rabin et l’attaque cérébrale de Sharon. Sharon avait été moins loin que Rabin, mais il allait dans sa direction. Le président américain, qui réussirait à sécuriser suffisamment un Premier ministre israélien, pour lui permettre de devenir un nouveau Rabin obtiendrait le règlement du problème, ce qui serait le coup le plus terrible porté au terrorisme. L’Occident se trouverait en bien meilleure position pour aider les gouvernements arabes réellement modernisateurs.

Et l’Iran ?

Si Obama change de politique par rapport à l’Iran, s’il est disposé à parler et si c’est bien géré, à la Kissinger, il perturbera le jeu iranien, en replaçant dans le jeu les nationalistes et en marginalisant les islamistes. Sur l’Afghanistan, je suis plus réservé. Pour l’heure, Obama n’a parlé que de renforcement militaire. C’est insuffisant. Il devra englober dans sa politique le Pakistan, l’Inde, le Cachemire. Cette région sera son casse-tête numéro 1.

Vous n’êtes pas un partisan du choc des civilisations, mais vous n’écartez cependant pas tout danger…

Le clash des civilisations n’est pas une théorie fumeuse, mais un risque réel, à prendre en considération si on veut le prévenir. Les sondages indiquent clairement que les Occidentaux ont peur du monde musulman. Inversement, dans le monde musulman, le rejet de l’Occident est massif. Ce n’est pas la peine de se cacher derrière les mots, nous nous trouvons en plein clash. Plutôt que de le dénoncer vertueusement, il faut le désamorcer.

Publié sur le site d'Hubet Vedrine  http://www.hubertvedrine.net/index.php?id_article=378

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