08.11.2009
EDF
Pour information, tribune de JM Aphatie parue sur son blog
http://blog.rtl.fr/aphatie/index.html
EDF est une entreprise publique, dont l’Etat possède 84% des actions. EDF est gestionnaire d’un service public, celui de l’électricité, auquel tous les gens qui ne veulent pas vivre dans le noir sont très attachés. La situation à EDF présente donc un intérêt public, ou un intérêt pour le public.
Une passation de pouvoir se déroule actuellement à EDF. Pierre Gadonneix, pdg le temps d’un mandat de 5 ans, s’apprête à libérer le fauteuil au profit d’Henri Proglio, actuellement pdg de Veolia. La désignation officielle du nouveau patron d’EDF devrait intervenir en conseil des ministres le 25 novembre prochain.
Henri Proglio ne souhaitait pas particulièrement prendre la direction d’EDF. Pour des raisons à ce jour mal comprises, sans doute parce que mal ou pas expliquées, le pouvoir exécutif, et surtout le président de la République, ont insisté pour qu’il accepte de diriger l’entreprise publique. Finalement, Henri Proglio a cédé. Mais il a posé quelques conditions, acceptées par le pouvoir, qui, à défaut de susciter encore un débat public, suscite quelques interrogations intéressantes à formuler aujourd’hui.
Veolia est une entreprise importante, leader mondial dans plusieurs de ses activités consacrées à l’environnement, qui compte environ 336.000 collaborateurs. Henri Proglio a consacré sa vie professionnelle à cette entreprise et ne souhaite pas la quitter. Aussi est-il convenu avec les pouvoirs publics qu’il conserverait la présidence du conseil d’administration de Veolia en plus de la direction d’EDF, entreprise d’un peu plus de 160.000 salariés.
A ceux qui s’étonnent de ce cumul, il a été répondu par Christine Lagarde, ministre de l’économie, que la fonction envisagée par Henri Proglio à Veolia était une fonction non-exécutive, manière de déminer le procès d’un cumul impossible en matière de temps et de disponibilité.
Ceci laisse entière une autre question: celle de la confusion des intérêts. Un même homme a la tête de deux entreprises à la fois dissemblables et aussi concurrentes dans certains de leurs segments d’activité, peut-il prendre des décisions pour une entreprise sans tenir compte de la situation de l’autre entreprise?
Par ses premières déclarations, réservées aux parlementaires dans le huis clos de commissions spécialisées, Henri Proglio a entretenu le doute en annonçant son souhait de voir EDF augmenter sa participation dans Veolia. Aujourd’hui, l’électricien possède 2% du capital de Veaolia. Henri Proglio, pdg d’EDF, voudrait la porter à environ 15% dans Veolia, dont il est aussi responsable. Il existe sans doute une logique industrielle à un tel rapprochement. Hélas, le sentiment d’une certaine confusion des genres ne permet pas de l’établir clairement pour l’instant.
Autre problème moins important mais plus symbolique: celui du salaire du futur pdg d’EDF. Aujourd’hui, il est fixé à environ un millions d’euros. A Veolia, Henri Proglio en gagne plus du double. D’où sa demande de voir augmenter substantiellement la rémunération du pdg d’EDF. On peut considérer la démarche légitime. Elle peut aussi heurter l’opinion. Il y a en tout cas matière à débat.
J’ai posé ces questions ce matin à Pierre Gadonneix, pdg sortant d’EDF. IL n’a pas voulu y répondre, préférant parler de son bilan à la tête de l’entreprise publique. Dans une démocratie, personne n’est obligé de répondre aux questions que l’on vous pose. Mais dans une démocratie, il peut aussi se révéler dangereux de ne pas répondre aux questions posées, si du moins celles ci se posent, c’est à dire si elles ne relèvent pas d’une lubie chez celui qui les pose.
12:13 Publié dans Politique nationale, européenne, internationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : edf





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