21.12.2009

Protectionnisme et libre-échange

Débat sur http://www.marianne2.fr/Le-libre-echange-est-un-mythe-noc...

Le libre-échange est un mythe nocif (1)

Mathieu Aurouet - Causeries Républicaines |
Non, le libre-échange n'est pas la norme. Historiquement, il est l'exception, et pour cause, il est un facteur de destruction des équilibres sociaux et politiques. Dans cette première partie d'une série sur le protectionnisme, Mathieu Aurouet de Causeries Républicaines rétablit quelques vérités sur le libre-échange.
Depuis au moins la chute du mur de Berlin, les nations occidentales, et l’Europe au premier rang, se sont lancées dans une fuite en avant libre-échangiste.

Historiquement pourtant, il n’existe aucun lien évident entre libre-échange et développement économique
. Ainsi que le souligne Paul Bairoch dans
Mythes et paradoxes de l’histoire économique, « la vérité est que le libre-échange est l’exception et le protectionnisme la règle ». Démontant l’idée bien ancrée que le 19ème siècle fut un âge d’or du libre-échangisme, il rappelle « qu’entre 1815 et 1913, dans le monde, seule l’Europe connut une période de vraie libéralisme sur, en moyenne, 1/5ème de la période ». Attribuer au libre-échange le moteur du développement économique des nations d’Europe ou issues d’elles est donc tout simplement faux. Bien au contraire, nous explique Paul Bairoch, c’est à l’abri de protections tarifaires que ce développement fut assuré. Cela ouvre aussi à la compréhension qu’à rebours de la vulgate dominante, « c’est plus la croissance économique qui est le moteur du commerce que l’inverse ». D’où le constat, a priori perturbant, que « le protectionnisme peut coïncider avec l’expansion commerciale ». Les faits sont têtus, dit-on souvent avec vérité, et pourtant, cela n’empêche pas qu’aujourd’hui, le commerce international soit toujours présenté comme la poule aux œufs d’or du développement économique.

Mais il nous faut aller plus loin. Le recours au protectionnisme ne se limitait pas qu’aux « industries dans l’enfance » chères à l’économiste Frédéric List. Les Etats-Unis, qui avaient déjà bien entamé leur décollage industriel après la Guerre de Sécession, devinrent « la patrie et le bastion du protectionnisme moderne », un protectionnisme dont l’une des visées explicites fut de protéger les salaires et l’agriculture américaine. C’est cette politique qui, d’ailleurs, devait assurer plus tard le succès au-delà de toute espérance, de la Politique Agricole Commune (PAC) en Europe. Il ne faut donc pas considérer comme anecdotique l’esprit de la promotion du commerce international qui caractérise l’après deuxième guerre mondiale. Ainsi, la Déclaration de Philadelphie de 1944 précise que « le développement des échanges commerciaux ne doit pas porter atteinte aux conditions de vie et de travail des populations concernées ». Façon de rappeler ce qui devrait nous paraître une évidence, à savoir que «l’expansion commerciale n’est pas une fin en soi, mais seulement un moyen du développement économique » (Paul Bairoch).
 
Alors que l’histoire économique témoigne de la nécessité de protections douanières, nous pratiquons aujourd’hui le libre-échange avec une conviction maladive de son bien fondé. Or, ce dogmatisme a un prix.
D’abord, il est clair que sous le couvert d’un argument a priori séduisant, celui d’une spécialisation nord-sud bénéfique à la fois pour les pays développés et pour les pays en développement (en gros, à nous la recherche et la technologie, à eux les textiles et les chaussures), nous avons provoqué la constitution d’un « monopole collectif de l’Asie industrialisée sur les articles manufacturés », tandis que la poursuite du «transfert d’activités vers les zones émergentes concerne, et concernera de plus en plus, des biens et des services élaborés, réclamant un important savoir-faire » (Jean-Luc Gréau). Nous semblons découvrir aujourd’hui que la Chine a des ambitions nationales qui dépassent nos belles théories économiques.

Autre erreur : ne pas se rendre compte, ou refuser de voir, que le libre-échange heurte de plein fouet nos ambitions sociales et nos politiques fiscales. Jacques Généreux avait souligné avec justesse, lors du débat sur la « Constitution européenne », qu’on ne saurait avoir une « concurrence à la fois libre et non faussée». Ou bien, nous disait-il, la concurrence est libre et alors elle s’en trouve inévitablement faussée, ou bien celle-ci n’est pas faussée mais alors elle ne saurait être libre. De sorte qu’accepter cette situation littéralement schizophrénique aboutit à une abdication de facto de la puissance publique démocratique. La traduction concrète et visible de cet abandon est l’adaptation permanente de la protection sociale et du code du travail aux évolutions autonomes de l’économie. C’est là un renversement de perspective qui admet du bout des lèvres que les démocraties renoncent à discuter de la structure même du système économique. Nos démocraties, il faudra vous y habituer, prennent l’économie telle qu’elles la trouvent, en s’évertuant toutefois à tirer la couverture de leur côté. Trahison magistrale non pas simplement du socialisme, mais plus encore de l’humanisme. Meilleure définition aussi de ce qu’on appelle poétiquement la mondialisation. Ainsi que l’affirme Jacques Sapir, « le régime des échanges commerciaux, tel qu’il fonctionne aujourd’hui dans le cadre des accords de l’OMC et de l’Acte Unique européen, est incompatible avec la souveraineté fiscale et sociale des Etats ».

Face à la désindustrialisation, aux délocalisations, aux coups qu’il porte à l’idéal de solidarité tel qu’il s’est manifesté chez nous au sortir de la seconde guerre mondiale, ainsi qu’à notre souveraineté, le libre-échange inconditionnel continue cependant de régner en maître. C’est donc que « le devoir d’inventaire, expression de l’honnêteté intellectuelle, a cédé le pas aux besoins de la mise en scène idéologique de la mondialisation heureuse » (Jean-Luc Gréau).

06.12.2009

Satisfecit

 

Lu sur le  blog http://dechiffrages.blog.lemonde.fr/


01 décembre 2009

Nicolas Sarkozy a fait dès hier l’éloge de son propre plan de relance. Un plan « sans erreur », dit-il, grâce auquel « la France aura la plus petite récession ». Le Chef de l’Etat a versé des larmes sur la « déflation » nippone et « l’effondrement » britannique, allant jusqu’à se lamenter sur « les ravages » de la crise aux Etats-Unis.

Cet élan compassionnel n’est cependant guère justifié.

L’activité économique américaine n’a guère à envier à celle de la France. Depuis la crise, les deux économies ont connu des évolutions presque parallèles. Une récession suivie d’une reprise. Notons que cette reprise est plus vive aux Etats-Unis qu’en France. En outre, l’économie américaine continue de bénéficier de son élan antérieur. De 2000 à 2007, sa croissance avait dépassé celle de la France de 4,8 points. Les « ravages » de la crise ont à peine entamé cet avantage américain.

Une observation similaire vaut pour la dette publique. En 2011, prévoit l’OCDE, celle-ci devrait atteindre environ 100% du PIB tant en France qu’aux Etats-Unis. Et la charge de la dette sera de même ampleur, si l’on en croit l’évolution attendue des taux d’intérêt à long terme.

Nicolas Sarkozy s’est chaudement félicité d’avoir donné la priorité à l’investissement. C’était, dit-il, « le seul choix possible ». Le problème est que la consommation de crise ne tire pas l’investissement, que seules les exportations soutiennent. On notera en tous cas le contraste entre les Etats-Unis et la France, selon les prévisions de l’OCDE. Aux Etats-Unis, pays de « ravages », l’investissement est promis à un redémarrage fulgurant dès l’été prochain. En France, pays de l’excellence, il s’inscrirait sur une pente douce - trop douce pour redonner du tonus à l’emploi.

C’est pourquoi l’évolution attendue du chômage ternit le satisfecit présidentiel. A examiner les prévisions de l’OCDE, on comprend l’empressement de Nicolas Sarkozy à glorifier dès à présent sa politique économique. Son discours sera beaucoup moins crédible en 2011. La France sera alors un des sept pays de l’OCDE – sur trente – à connaître un taux de chômage à deux chiffres, et toujours croissant. Tandis qu’aux Etats-Unis, le chômage diminuera déjà.

Dans très peu de temps, il deviendra difficile d’affirmer que « la France s’en sort mieux que les autres ». Le Président ne s’acharnera d’ailleurs pas à le prétendre. Bien au contraire. Sitôt passées les élections régionales, il y a fort à parier que la persistance du chômage et du déficit public deviendra l’argument clé des « indispensables réformes ». Entendez la diminution de la dépense publique, et pour être précis, des dépenses de la protection sociale. L’assurance chômage, l’assurance maladie et le niveau des retraites seront en première ligne.

29.11.2009

Hôpital: manque d'effectifs

Suite à la grève des personnels de l'hôpital ambroise Paré pour protester contre le manque d'effectifs, un post du blod déchiffrages

http://dechiffrages.blog.lemonde.fr/

Trop de lits ? Trop de médecins ? Trop d’infirmières ? Trop de malades peut-être ? Le gouvernement s’apprête à supprimer 1.150 postes dans les hôpitaux parisiens en 2010, après 700 postes cette année, et cette perspective étonne. Le professeur Pierre Coriat, président de la commission médicale d’établissement de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, menace de démissionner si ce plan n’est pas revu : « Le projet risque de casser l’AP-HP ».

Or rien n’indique que l’hôpital français soit trop cher, ni que la dépense publique de santé soit excessive. Le déficit croissant de l’assurance maladie fait couramment l’objet d’effets de manche et de coups de menton présidentiels. Il ne fait pourtant que témoigner du décalage persistant entre des dépenses qui ne peuvent qu’augmenter, parce que la population vieillit, et des recettes que l’on s’acharne à freiner, en prétendant ainsi favoriser l’emploi.

Les Français abusent-ils de l’hôpital ? Ils passent en moyenne une journée par an dans une unité de soins aigus, selon l’OCDE. C’est une honnête moyenne, très inférieure aux scores allemands ou japonais.

Le nombre des lits d’hôpitaux est-il excessif ? Avec 3,6 lits de soins aigus pour 1.000 habitants, moitié moins qu’en Allemagne, deux fois moins qu’en Corée, la France ne se distingue vraiment pas par des équipements pléthoriques. Cette modération est même paradoxale, dans un pays à très faible densité de population qui compte 36.000 communes.

Chaque lit d’hôpital mobiliserait-il une profusion d’infirmières ? Difficile de le prétendre. La France figure en queue de peloton pour ses effectifs infirmiers par lit de soins aigus : pas plus de 59 pour 100 lits selon l’OCDE, quand on en compte 92 en Belgique, 162 aux Etats-Unis et… 310 au Royaume Uni. C’est un autre phénomène qui menace : des infirmiers faisant le travail de médecins, des aides soignantes faisant office d’infirmières… et bientôt les familles de patients appelés à la rescousse.

La France, où l’assurance maladie couvrait 80% des frais médicaux en 1946, se distingue aujourd’hui par un paradoxe navrant. Selon l’OCDE, la dépense publique de santé par habitant – oui, la dépense publique ! - y est inférieure de 14% à ce qu’elle est aux Etats-Unis, où 40 millions de gens sont encore privés de toute couverture maladie, en attendant la réforme engagée par Barack Obama.

Le Président Sarkozy prétend souhaiter un meilleur partage de la valeur ajoutée des entreprises entre salariés et actionnaires. La Sécurité sociale lui offre une excellente occasion de passer du discours aux actes. Les cotisations sociales d’employeurs, qui représentaient 19,8% de la valeur ajoutée des entreprises en 1983, n’en représentent plus que 16,1% en 2007, indique l’Insee. Leur part est moindre aujourd’hui qu’en moyenne dans les années 1960 – et cela donne à réfléchir.

24.11.2009

Dette publique et grand emprunt

Extrait de l'article "Le grand emprunt en question(s)", paru dans le numéro de novembre d'Alternatives Economiques (voir le sommaire).

http://www.alternatives-economiques.fr/la-dette-publique-...

On note l'explosion de la dette publique sous les gouvernements Raffarin, De Villepin, Fillon

La situation économique de la France, telle qu'on peut l'apprécier actuellement, ne paraît guère pouvoir justifier une telle fuite en avant. Que les déficits publics de l'Irlande, du Royaume-Uni ou de l'Espagne flirtent encore avec la barre des 10 % du PIB l'an prochain, on peut le comprendre, compte tenu de l'ampleur du choc qu'ils ont subi. Mais la France est plutôt un des pays d'Europe où la crise a finalement eu les effets les plus limités. Pour des raisons qui n'ont d'ailleurs que peu à voir avec l'action spécifique du gouvernement.

1258023888_dette%20publique.jpgAggraver encore les déficits de quasiment deux points de PIB en 2010 par rapport à 2009, bien que l'économie française soit sortie de la récession dès le deuxième trimestre 2009, semble un choix déraisonnable. L'accumulation inconsidérée de dette publique ne revient pas seulement à transférer aux générations futures des problèmes que nous ne parvenons pas à régler, elle constitue aussi et surtout un facteur majeur d'injustice sociale ici et maintenant.

Financer l'action publique par la dette consiste en effet à emprunter de l'argent aux plus aisés au lieu de percevoir des impôts sur leurs revenus. Et mettre ensuite à contribution tous les citoyens, y compris les plus pauvres qui s'acquittent de la TVA et de la contribution sociale généralisée (CSG), pour rembourser aux plus riches intérêts et capital. Une dynamique déjà mise en œuvre à grande échelle, avant Nicolas Sarkozy, par la démocratie chrétienne italienne d'après-guerre, Ronald Reagan ou encore George W. Bush…

Guillaume Duval

22.11.2009

Les banquiers

Etats-Unis : pourquoi les banquiers se font casser partout

Par Pascal de Lima et François Ladsous | Altran Financial Services |

http://eco.rue89.com/2009/11/13/etats-unis-pourquoi-les-b...

Il y a un sport qui fait fureur aux Etats-Unis : le « banker-bashing » (littéralement, le « cassage de banquier ou de financier »). La discipline est pratiquée un peu partout sur la planète, essentiellement par des commentateurs feignants et des politiciens démagogues, mais elle connaît depuis peu un renouveau dans un pays plutôt réputé pro-business.

Le « banker-bashing » fait des émules jusque dans les médias, qui passaient pourtant leur temps à chercher des « success storys » et semblent avoir pris du recul. Journalistes et commentateurs s'interrogent de plus en plus sur les raisons de la crise économique et désignent, parfois de façon caricaturale, les coupables sous les vocables de « banquiers », « financiers »…

 L'opinion publique elle aussi se révolte, dans une Amérique où le banquier a toujours eu une bonne image, ce banquier qui octroie aux familles l'hypothèque et le crédit, étapes indispensables sur le chemin de l'American Dream.

 Les profits des banques contre la réalité de l'économie

C'est bien l'économie réelle qui a fait tomber le rêve américain : face à la reprise boursière et aux profits historiques de Wall Street, la réalité économique du pays paraît d'autant plus dramatique qu'elle touche toute la population.

Le taux de défaut des hypothèques (structure du patrimoine des ménages par excellence) reste élevé, le chômage frôle les 10%, et le moral est en berne car chacun sait que la situation va encore être difficile et pour un bon moment.

 Si cette situation suffisait amplement à tourner l'opinion contre les banquiers, il y a ici des facteurs aggravants qui ne jouent pas en leur faveur. Wall Street bénéficie ainsi de Tarp, le fonds de soutien au secteur financier ; ces milliards cédés quasi gratuitement et qui servent de coussin permettant d'absorber de gros risques.

C'est là l'origine des profits annoncés par les grandes banques d'investissement de Wall Street : des milliards gagnés au risque des contribuables et ensuite redistribués avec fracas sous la forme de bonus.

 Wall Street ne croit pas à la reprise

Parallèlement, les banques de dépôt comme Bank of America, celles qui contribuent directement à l'économie réelle, sont toujours en crise et peinent à se relever ; elles souffrent du ralentissement de la consommation, de la volonté de désendettement des ménages et surtout de nombreux défauts qui plombent les bilans.

Il suffit juste de voir les difficultés liées à la énième levée de fonds de BoA, ou bien l'annonce de la 100e faillite de banque déclarée à la FDIC cette année, pour comprendre que Wall Street ne croit pas du tout à la reprise.

Devant cette situation, que les médias, l'opinion publique ou les politiciens condamnent « les banquiers » est compréhensible. Pire, des gourous du marché se mettent à les critiquer. Georges Soros a ainsi récemment dénoncé « les cadeaux injustifiés » que sont les profits de Wall Street.

 Alors que l'administration Obama cherche à mettre son empreinte sur le système bancaire en musclant sa réforme, les banquiers sont en train de lui fournir un beau bâton pour qu'il puisse lui aussi se mettre à ce nouveau sport, le Banking Bashing, qui finira peut-être par inspirer la création d'un MBA spécialisé…

20.11.2009

Budget 2010 de la culture

Budget 2010 : la démocratisation de l’accès à la culture est la grande perdante

Le 13 novembre 2009

Les crédits de l’accès à la culture, destinés aux publics défavorisés, aux actions de proximité, à la démocratisation de la culture… vont subir une baisse de 10 millions d’euros, soit -15%. C’est la poursuite d’un scandaleux désengagement engagé depuis plusieurs années, alors que le Président de la République proclame qu’il veut lutter contre les inégalités d’accès.

Pour la création, la baisse continue et touche tous les domaines : arts plastiques, spectacle vivant, création littéraire, industries culturelles… Rapportés à l’inflation, les crédits du spectacle vivant connaissent une baisse réelle, alors que les besoins sont immenses et les problèmes urgents. Le ministère de la culture n’a tiré aucun enseignement des entretiens de Valois. Son nouveau Ministre, qui se veut le défenseur des artistes et de tous les créateurs, sacrifie les artistes sur l’autel d’une austérité qui ne dit pas son nom.

Certes un effort a été fait pour le patrimoine, qui reçoit 100 millions d’euros de plus. Mais il s’agit simplement d’un rattrapage destiné à réparer les dégâts commis par la droite depuis plusieurs années. C’est elle qui avait sabré dans des proportions gigantesques les crédits de restauration et d’entretien des monuments historiques.

Pendant ce temps la RGPP (révision générale des politiques publiques) ratiboise l’administration culturelle, et l’Elysée a créé auprès de lui un conseil de la création artistique chargé de dévitaliser le ministère de la culture au moment où celui-ci fête son cinquantenaire, et de satisfaire les caprices du Prince.

Le Parti socialiste condamne cette politique nocive pour les arts et pour les Français, dont les moyens d’accès à la culture se trouvent tous les jours davantage limités.


Communiqué de Sylvie ROBERT,
Secrétaire nationale à la Culture

18.11.2009

Devoir de réserve et prix Goncourt

Extrait du billet d'Odile Cohen sur le site causeur

Si les prix littéraires supposent un devoir de réserve, Mauriac a eu tort de dénoncer l’usage de la torture en Algérie, Gide n’aurait pas dû critiquer le colonialisme dans Voyage au Congo et Victor Hugo aurait dû s’abstenir de rabaisser Napoléon le petit.

“On ne met pas Voltaire en prison” avait dit dans sa grande sagesse De Gaulle à son ministre de l’Intérieur qui lui suggérait de faire arrêter Jean Paul Sartre.

La suite sur http://www.causeur.fr/laureats-du-goncourt-taisez-vous,3293

16.11.2009

Identité nationale suite

Extrait du billet de Jean-Michel Aphatie

 

Hier, à la Chapelle-en-Vercors, le président de la République a prononcé un discours sur l’identité nationale. Son intervention se situe dans le cadre du grand débat lancé par le gouvernement sur le sujet. Dans ce contexte, on pouvait attendre de la part de la plus haute autorité de l’Etat un discours riche et fort, cadrant la réflexion générale, en montrant l’importance et en démontrant l’utilité. Sur tous ces points, ce discours est une déception. Soit l’occasion a été manquée, soit la faiblesse du propos est directement liée à l’insincérité qui frappe l’initiative. Il est en tout cas frappant de constater que, volontairement ou non, la presse ce matin réduit l’intervention, hier, du chef de l’Etat à une opération de petite politique. Le Figaro, par exemple, rédige ainsi son appel de Une: « Identité nationale: Sarkozy s’en prend au PS ». La justesse du titre dit bien la faiblesse de l’ambition. Si l’exécutif a ouvert ce débat identitaire, et donc philosophique, uniquement pour embarrasser les uns et récupérer les autres, alors au bout du processus, la montagne aura accouchée d’une souris ridée et hideuse dont personne ne réclamera la paternité.

la suite sur http://blog.rtl.fr/aphatie/index.html

14.11.2009

Identité nationale, identité européenne

tisseyre.jpgQuestion orale posée par Jean-Michel Tisseyre

Le ministre de l'immigration a initié depuis le 2 novembre dernier et  jusqu'en février prochain un débat portant sur l'identité française. Ce  débat est voué à se décliner au niveau local à échelon de l'arrondissement  sous la houlette des préfets et sous-préfets et à l'initiative des  différents acteurs locaux que sont les parlementaires.

Si nous estimons que l'entreprise d'un tel débat aurait mérité en soi un  débat, nous n'en sommes pas moins enclins à nous interroger sur les  opportunités d'une telle initiative et surtout sur les modalités  d'organisation d'un tel débat à l' échelle de notre ville. Pouvez-vous nous dire, M Le Maire, quel sera le mode opératoire de ce débat  à Boulogne-Billancourt? Qui seront les Boulonnais éligibles à la participation aux échanges sur  identité française? Combien de réunions seront organisées et sur quelle  période? Quelles seront les personnalités qui présideront les séances de  débat, en assureront la synthèse, et le suivi de cette synthèse dans le  processus de remontée?

Qu'adviendra-t'il enfin de ces travaux et dans quelle instance seront-ils  exploités?
Enfin, existera-t'il un observatoire, composé de personne ayant participé  aux débats, et en charge de veiller sur la bonne mise en ouvre et le suivi  de projets émanant éventuellement de ces échanges?

Par ailleurs, le traité de Maastricht confère de fait à tout citoyen  français la citoyenneté européenne, qui la rend donc indissociable de  l'identité française. Alors que le traité de Lisbonne vient d'être ratifié  après un long et douloureux parcours, serait-il possible d'adjoindre au  débat sur l'idendité national celui sur la citoyenneté européenne?

11.11.2009

Humour

http://www.liberation.fr/politiques/0101602229-en-jouant-...Politiques

«En jouant avec deux cailloux, #nicolassarkozy a découvert le feu»

Après le buzz #jeansarkozypartout, autour de la candidature du fils du chef de l'Etat à la tête de l'Epad, un nouveau mouvement se crée sur Internet ironisant sur le couac sur la présence ou non du Président à Berlin, le 9 novembre 1989.

Arnaud Bertrand et Laure Equy

Renvoi de boomerang 2.0, après le couac sur la présence de Nicolas Sarkozy, le 9 novembre 1989, ou bien le 10, à moins que ce fut le 11 ou encore le 16. Puisque le président de la République veut entrer dans l’Histoire, les internautes lui ont donné un coup de main. Fouillant les archives pour y insérer le chef de l’Etat à chaque épisode clé. Dans les commentaires postés sur Libération.fr, sur Facebook et Twitter: le hashtag - inspiré d’une autre polémique, visant le fils du chef de l’Etat, au moment de sa candidature à la tête de l’Epad - était tout trouvé, #nicolassarkozypartout.

«Avec Sarko, tout est possible surtout la contrefaçon», introduit Hunter sur le blog Coups droits d’Alain Auffray, journaliste à Libération. Flooox s’amuse, lui, à tenter de «lire sur les lèvres» de Sarkozy et de son comparse devant le mur, marteau à la main: «Nico: "tu vois, si tu tapes là, tout le système stalinien s’écroule! Ho Nico, plus ferme le marteau, tiens-le plus ferme tu vas jamais y arriver comme ça"». «Sarko: "ouais ben s’il te plaît, 1) il caille, 2) j’ai pas envie de fausser ma Rolex".» Sarkozy aurait ajouté, imagine Hector Vigo: «Casse-toi pôv’Mur.»

«Nicolas Sarkozy bâtit seul

Et les libénautes de réécrire la biographie du président de la République en héros de tous les temps. Ca donne notamment la fresque de lama-du-tibet: «-2,5 millions: Nicolas Sarkozy apprend l’outil à Homo Habilis», «- 3300, Nicolas Sarkozy découvre l’écriture et l’apprend à Henri Guaino», «-2573 à -2454: Nicolas Sarkozy bâtit seul les trois pyramides de Gizeh», etc. Hunter s’exclame: «le p’tit gars qui arrête la colonne de chars sur le place Tien’anmen... mais oui, c’est lui aussi!»

Sur Twitter, on revisite aussi l’Histoire à la sauce Sarkozy, photo-montages à l’appui. remimarceau: «Nicolas Sarkozy a été le premier homme sur la lune avant Neil Armstrong» et «C’est aussi Nicolas Sarkozy qui a découvert le vaccin contre la rage».

Vicnent rétablit une autre vérité: «l’ONU aurait accordé ce jour la découverte de l’Amérique en 1492 à #nicolassarkozypartout». D’où un agenda parfois surchargé: «S’il n’avait pas été en Angleterre pour la promo de "With the Beatles", Sarkozy aurait empêché la mort de Kennedy» (franpisunship).

«Sarko a inventé le moteur à explosion»

Eduka_thor est formel: «C’est en jouant avec deux cailloux que #nicolassarkozypartout a découvert le feu.» Préhistorique encore, rtlgrandest exhume une ancienne citation: «"Accroche-toi au pinceau, je retire l’échelle." Nicolas Sarkozy, grotte de Lascaux, Avril -18600».

Les socialistes ne se sont pas non plus privés pour ironiser. Sur le site de microblogging toujours, le porte-parole Benoît Hamon fait mine de déplorer: «Quand on pense qu’à une semaine près, Nicolas Sarkozy libérait l’Europe de l’Est. C’est ballot quand même.» Et Jean-Christophe Cambadélis y lance son communiqué: «Montage ou erreur de datation ? Avec Sarkozy, tout devient possible», raille-t-il.

Sur Facebook, le petit exercice consistant à placer Sarkozy au coeur de l’événement, se poursuit. On conjugue le Président à tous les temps: «Sarko a inventé le moteur à explosion», «a marché sur la Lune», «a peint la Joconde quand il était à la crèche», etc. C’est aussi lui «qui a accordé la guitare de Jimmy Hendrix lors du concert de Woodstock». Un groupe «Sarkozy était là lors de la prise de la Bastille» a aussi été créé. Ainsi qu’un site répertoriant ses illustres faits d’armes, «Sarkozy y était (presque)». Moins glorieux mais tout de même embêtant, Gmily, sur le blog Coups droits, ramène le chef de l’Etat à des considérations plus terre-à-terre: «Au fait, j’ai égaré mon trousseau de clés le 9 octobre 1996 !… Sarko étant partout, il est prié de me les rapporter…»

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