24.11.2009

Dette publique et grand emprunt

Extrait de l'article "Le grand emprunt en question(s)", paru dans le numéro de novembre d'Alternatives Economiques (voir le sommaire).

http://www.alternatives-economiques.fr/la-dette-publique-...

On note l'explosion de la dette publique sous les gouvernements Raffarin, De Villepin, Fillon

La situation économique de la France, telle qu'on peut l'apprécier actuellement, ne paraît guère pouvoir justifier une telle fuite en avant. Que les déficits publics de l'Irlande, du Royaume-Uni ou de l'Espagne flirtent encore avec la barre des 10 % du PIB l'an prochain, on peut le comprendre, compte tenu de l'ampleur du choc qu'ils ont subi. Mais la France est plutôt un des pays d'Europe où la crise a finalement eu les effets les plus limités. Pour des raisons qui n'ont d'ailleurs que peu à voir avec l'action spécifique du gouvernement.

1258023888_dette%20publique.jpgAggraver encore les déficits de quasiment deux points de PIB en 2010 par rapport à 2009, bien que l'économie française soit sortie de la récession dès le deuxième trimestre 2009, semble un choix déraisonnable. L'accumulation inconsidérée de dette publique ne revient pas seulement à transférer aux générations futures des problèmes que nous ne parvenons pas à régler, elle constitue aussi et surtout un facteur majeur d'injustice sociale ici et maintenant.

Financer l'action publique par la dette consiste en effet à emprunter de l'argent aux plus aisés au lieu de percevoir des impôts sur leurs revenus. Et mettre ensuite à contribution tous les citoyens, y compris les plus pauvres qui s'acquittent de la TVA et de la contribution sociale généralisée (CSG), pour rembourser aux plus riches intérêts et capital. Une dynamique déjà mise en œuvre à grande échelle, avant Nicolas Sarkozy, par la démocratie chrétienne italienne d'après-guerre, Ronald Reagan ou encore George W. Bush…

Guillaume Duval

22.11.2009

Les banquiers

Etats-Unis : pourquoi les banquiers se font casser partout

Par Pascal de Lima et François Ladsous | Altran Financial Services |

http://eco.rue89.com/2009/11/13/etats-unis-pourquoi-les-b...

Il y a un sport qui fait fureur aux Etats-Unis : le « banker-bashing » (littéralement, le « cassage de banquier ou de financier »). La discipline est pratiquée un peu partout sur la planète, essentiellement par des commentateurs feignants et des politiciens démagogues, mais elle connaît depuis peu un renouveau dans un pays plutôt réputé pro-business.

Le « banker-bashing » fait des émules jusque dans les médias, qui passaient pourtant leur temps à chercher des « success storys » et semblent avoir pris du recul. Journalistes et commentateurs s'interrogent de plus en plus sur les raisons de la crise économique et désignent, parfois de façon caricaturale, les coupables sous les vocables de « banquiers », « financiers »…

 L'opinion publique elle aussi se révolte, dans une Amérique où le banquier a toujours eu une bonne image, ce banquier qui octroie aux familles l'hypothèque et le crédit, étapes indispensables sur le chemin de l'American Dream.

 Les profits des banques contre la réalité de l'économie

C'est bien l'économie réelle qui a fait tomber le rêve américain : face à la reprise boursière et aux profits historiques de Wall Street, la réalité économique du pays paraît d'autant plus dramatique qu'elle touche toute la population.

Le taux de défaut des hypothèques (structure du patrimoine des ménages par excellence) reste élevé, le chômage frôle les 10%, et le moral est en berne car chacun sait que la situation va encore être difficile et pour un bon moment.

 Si cette situation suffisait amplement à tourner l'opinion contre les banquiers, il y a ici des facteurs aggravants qui ne jouent pas en leur faveur. Wall Street bénéficie ainsi de Tarp, le fonds de soutien au secteur financier ; ces milliards cédés quasi gratuitement et qui servent de coussin permettant d'absorber de gros risques.

C'est là l'origine des profits annoncés par les grandes banques d'investissement de Wall Street : des milliards gagnés au risque des contribuables et ensuite redistribués avec fracas sous la forme de bonus.

 Wall Street ne croit pas à la reprise

Parallèlement, les banques de dépôt comme Bank of America, celles qui contribuent directement à l'économie réelle, sont toujours en crise et peinent à se relever ; elles souffrent du ralentissement de la consommation, de la volonté de désendettement des ménages et surtout de nombreux défauts qui plombent les bilans.

Il suffit juste de voir les difficultés liées à la énième levée de fonds de BoA, ou bien l'annonce de la 100e faillite de banque déclarée à la FDIC cette année, pour comprendre que Wall Street ne croit pas du tout à la reprise.

Devant cette situation, que les médias, l'opinion publique ou les politiciens condamnent « les banquiers » est compréhensible. Pire, des gourous du marché se mettent à les critiquer. Georges Soros a ainsi récemment dénoncé « les cadeaux injustifiés » que sont les profits de Wall Street.

 Alors que l'administration Obama cherche à mettre son empreinte sur le système bancaire en musclant sa réforme, les banquiers sont en train de lui fournir un beau bâton pour qu'il puisse lui aussi se mettre à ce nouveau sport, le Banking Bashing, qui finira peut-être par inspirer la création d'un MBA spécialisé…

20.11.2009

Budget 2010 de la culture

Budget 2010 : la démocratisation de l’accès à la culture est la grande perdante

Le 13 novembre 2009

Les crédits de l’accès à la culture, destinés aux publics défavorisés, aux actions de proximité, à la démocratisation de la culture… vont subir une baisse de 10 millions d’euros, soit -15%. C’est la poursuite d’un scandaleux désengagement engagé depuis plusieurs années, alors que le Président de la République proclame qu’il veut lutter contre les inégalités d’accès.

Pour la création, la baisse continue et touche tous les domaines : arts plastiques, spectacle vivant, création littéraire, industries culturelles… Rapportés à l’inflation, les crédits du spectacle vivant connaissent une baisse réelle, alors que les besoins sont immenses et les problèmes urgents. Le ministère de la culture n’a tiré aucun enseignement des entretiens de Valois. Son nouveau Ministre, qui se veut le défenseur des artistes et de tous les créateurs, sacrifie les artistes sur l’autel d’une austérité qui ne dit pas son nom.

Certes un effort a été fait pour le patrimoine, qui reçoit 100 millions d’euros de plus. Mais il s’agit simplement d’un rattrapage destiné à réparer les dégâts commis par la droite depuis plusieurs années. C’est elle qui avait sabré dans des proportions gigantesques les crédits de restauration et d’entretien des monuments historiques.

Pendant ce temps la RGPP (révision générale des politiques publiques) ratiboise l’administration culturelle, et l’Elysée a créé auprès de lui un conseil de la création artistique chargé de dévitaliser le ministère de la culture au moment où celui-ci fête son cinquantenaire, et de satisfaire les caprices du Prince.

Le Parti socialiste condamne cette politique nocive pour les arts et pour les Français, dont les moyens d’accès à la culture se trouvent tous les jours davantage limités.


Communiqué de Sylvie ROBERT,
Secrétaire nationale à la Culture

18.11.2009

Devoir de réserve et prix Goncourt

Extrait du billet d'Odile Cohen sur le site causeur

Si les prix littéraires supposent un devoir de réserve, Mauriac a eu tort de dénoncer l’usage de la torture en Algérie, Gide n’aurait pas dû critiquer le colonialisme dans Voyage au Congo et Victor Hugo aurait dû s’abstenir de rabaisser Napoléon le petit.

“On ne met pas Voltaire en prison” avait dit dans sa grande sagesse De Gaulle à son ministre de l’Intérieur qui lui suggérait de faire arrêter Jean Paul Sartre.

La suite sur http://www.causeur.fr/laureats-du-goncourt-taisez-vous,3293

16.11.2009

Identité nationale suite

Extrait du billet de Jean-Michel Aphatie

 

Hier, à la Chapelle-en-Vercors, le président de la République a prononcé un discours sur l’identité nationale. Son intervention se situe dans le cadre du grand débat lancé par le gouvernement sur le sujet. Dans ce contexte, on pouvait attendre de la part de la plus haute autorité de l’Etat un discours riche et fort, cadrant la réflexion générale, en montrant l’importance et en démontrant l’utilité. Sur tous ces points, ce discours est une déception. Soit l’occasion a été manquée, soit la faiblesse du propos est directement liée à l’insincérité qui frappe l’initiative. Il est en tout cas frappant de constater que, volontairement ou non, la presse ce matin réduit l’intervention, hier, du chef de l’Etat à une opération de petite politique. Le Figaro, par exemple, rédige ainsi son appel de Une: « Identité nationale: Sarkozy s’en prend au PS ». La justesse du titre dit bien la faiblesse de l’ambition. Si l’exécutif a ouvert ce débat identitaire, et donc philosophique, uniquement pour embarrasser les uns et récupérer les autres, alors au bout du processus, la montagne aura accouchée d’une souris ridée et hideuse dont personne ne réclamera la paternité.

la suite sur http://blog.rtl.fr/aphatie/index.html

14.11.2009

Identité nationale, identité européenne

tisseyre.jpgQuestion orale posée par Jean-Michel Tisseyre

Le ministre de l'immigration a initié depuis le 2 novembre dernier et  jusqu'en février prochain un débat portant sur l'identité française. Ce  débat est voué à se décliner au niveau local à échelon de l'arrondissement  sous la houlette des préfets et sous-préfets et à l'initiative des  différents acteurs locaux que sont les parlementaires.

Si nous estimons que l'entreprise d'un tel débat aurait mérité en soi un  débat, nous n'en sommes pas moins enclins à nous interroger sur les  opportunités d'une telle initiative et surtout sur les modalités  d'organisation d'un tel débat à l' échelle de notre ville. Pouvez-vous nous dire, M Le Maire, quel sera le mode opératoire de ce débat  à Boulogne-Billancourt? Qui seront les Boulonnais éligibles à la participation aux échanges sur  identité française? Combien de réunions seront organisées et sur quelle  période? Quelles seront les personnalités qui présideront les séances de  débat, en assureront la synthèse, et le suivi de cette synthèse dans le  processus de remontée?

Qu'adviendra-t'il enfin de ces travaux et dans quelle instance seront-ils  exploités?
Enfin, existera-t'il un observatoire, composé de personne ayant participé  aux débats, et en charge de veiller sur la bonne mise en ouvre et le suivi  de projets émanant éventuellement de ces échanges?

Par ailleurs, le traité de Maastricht confère de fait à tout citoyen  français la citoyenneté européenne, qui la rend donc indissociable de  l'identité française. Alors que le traité de Lisbonne vient d'être ratifié  après un long et douloureux parcours, serait-il possible d'adjoindre au  débat sur l'idendité national celui sur la citoyenneté européenne?

11.11.2009

Humour

http://www.liberation.fr/politiques/0101602229-en-jouant-...Politiques

«En jouant avec deux cailloux, #nicolassarkozy a découvert le feu»

Après le buzz #jeansarkozypartout, autour de la candidature du fils du chef de l'Etat à la tête de l'Epad, un nouveau mouvement se crée sur Internet ironisant sur le couac sur la présence ou non du Président à Berlin, le 9 novembre 1989.

Arnaud Bertrand et Laure Equy

Renvoi de boomerang 2.0, après le couac sur la présence de Nicolas Sarkozy, le 9 novembre 1989, ou bien le 10, à moins que ce fut le 11 ou encore le 16. Puisque le président de la République veut entrer dans l’Histoire, les internautes lui ont donné un coup de main. Fouillant les archives pour y insérer le chef de l’Etat à chaque épisode clé. Dans les commentaires postés sur Libération.fr, sur Facebook et Twitter: le hashtag - inspiré d’une autre polémique, visant le fils du chef de l’Etat, au moment de sa candidature à la tête de l’Epad - était tout trouvé, #nicolassarkozypartout.

«Avec Sarko, tout est possible surtout la contrefaçon», introduit Hunter sur le blog Coups droits d’Alain Auffray, journaliste à Libération. Flooox s’amuse, lui, à tenter de «lire sur les lèvres» de Sarkozy et de son comparse devant le mur, marteau à la main: «Nico: "tu vois, si tu tapes là, tout le système stalinien s’écroule! Ho Nico, plus ferme le marteau, tiens-le plus ferme tu vas jamais y arriver comme ça"». «Sarko: "ouais ben s’il te plaît, 1) il caille, 2) j’ai pas envie de fausser ma Rolex".» Sarkozy aurait ajouté, imagine Hector Vigo: «Casse-toi pôv’Mur.»

«Nicolas Sarkozy bâtit seul

Et les libénautes de réécrire la biographie du président de la République en héros de tous les temps. Ca donne notamment la fresque de lama-du-tibet: «-2,5 millions: Nicolas Sarkozy apprend l’outil à Homo Habilis», «- 3300, Nicolas Sarkozy découvre l’écriture et l’apprend à Henri Guaino», «-2573 à -2454: Nicolas Sarkozy bâtit seul les trois pyramides de Gizeh», etc. Hunter s’exclame: «le p’tit gars qui arrête la colonne de chars sur le place Tien’anmen... mais oui, c’est lui aussi!»

Sur Twitter, on revisite aussi l’Histoire à la sauce Sarkozy, photo-montages à l’appui. remimarceau: «Nicolas Sarkozy a été le premier homme sur la lune avant Neil Armstrong» et «C’est aussi Nicolas Sarkozy qui a découvert le vaccin contre la rage».

Vicnent rétablit une autre vérité: «l’ONU aurait accordé ce jour la découverte de l’Amérique en 1492 à #nicolassarkozypartout». D’où un agenda parfois surchargé: «S’il n’avait pas été en Angleterre pour la promo de "With the Beatles", Sarkozy aurait empêché la mort de Kennedy» (franpisunship).

«Sarko a inventé le moteur à explosion»

Eduka_thor est formel: «C’est en jouant avec deux cailloux que #nicolassarkozypartout a découvert le feu.» Préhistorique encore, rtlgrandest exhume une ancienne citation: «"Accroche-toi au pinceau, je retire l’échelle." Nicolas Sarkozy, grotte de Lascaux, Avril -18600».

Les socialistes ne se sont pas non plus privés pour ironiser. Sur le site de microblogging toujours, le porte-parole Benoît Hamon fait mine de déplorer: «Quand on pense qu’à une semaine près, Nicolas Sarkozy libérait l’Europe de l’Est. C’est ballot quand même.» Et Jean-Christophe Cambadélis y lance son communiqué: «Montage ou erreur de datation ? Avec Sarkozy, tout devient possible», raille-t-il.

Sur Facebook, le petit exercice consistant à placer Sarkozy au coeur de l’événement, se poursuit. On conjugue le Président à tous les temps: «Sarko a inventé le moteur à explosion», «a marché sur la Lune», «a peint la Joconde quand il était à la crèche», etc. C’est aussi lui «qui a accordé la guitare de Jimmy Hendrix lors du concert de Woodstock». Un groupe «Sarkozy était là lors de la prise de la Bastille» a aussi été créé. Ainsi qu’un site répertoriant ses illustres faits d’armes, «Sarkozy y était (presque)». Moins glorieux mais tout de même embêtant, Gmily, sur le blog Coups droits, ramène le chef de l’Etat à des considérations plus terre-à-terre: «Au fait, j’ai égaré mon trousseau de clés le 9 octobre 1996 !… Sarko étant partout, il est prié de me les rapporter…»

09.11.2009

Egalité territoriale

Nos services publics locaux sont menacés

mobilisation_territoires.pngLe gouvernement veut imposer des lois de recentralisation qui vont mettre en danger l’action des communes, des départements et des régions pour notre éducation, notre santé, nos transports publics, nos emplois et notre aide sociale.

Pour nos enfants, ce seront moins de financements pour nos écoles, nos collèges et nos lycées. Pour nos aînés, ce sera moins d’accompagnement du grand-âge et de la dépendance. Pour nos entreprises et nos emplois, moins de soutien face à la mondialisation.

Les élus locaux sont dévoués au bien public. 73% des investissements viennent des collectivités locales. La décentralisation, c’est la démocratie locale au service des citoyens. Il faut une réforme territoriale pour l’améliorer, pas pour la casser.

 

http://www.parti-socialiste.fr/territoires/

08.11.2009

EDF

Pour information, tribune de JM Aphatie parue sur son blog

http://blog.rtl.fr/aphatie/index.html

EDF est une entreprise publique, dont l’Etat possède 84% des actions. EDF est gestionnaire d’un service public, celui de l’électricité, auquel tous les gens qui ne veulent pas vivre dans le noir sont très attachés. La situation à EDF présente donc un intérêt public, ou un intérêt pour le public.

Une passation de pouvoir se déroule actuellement à EDF. Pierre Gadonneix, pdg le temps d’un mandat de 5 ans, s’apprête à libérer le fauteuil au profit d’Henri Proglio, actuellement pdg de Veolia. La désignation officielle du nouveau patron d’EDF devrait intervenir en conseil des ministres le 25 novembre prochain.

Henri Proglio ne souhaitait pas particulièrement prendre la direction d’EDF. Pour des raisons à ce jour mal comprises, sans doute parce que mal ou pas expliquées, le pouvoir exécutif, et surtout le président de la République, ont insisté pour qu’il accepte de diriger l’entreprise publique. Finalement, Henri Proglio a cédé. Mais il a posé quelques conditions, acceptées par le pouvoir, qui, à défaut de susciter encore un débat public, suscite quelques interrogations intéressantes à formuler aujourd’hui.

Veolia est une entreprise importante, leader mondial dans plusieurs de ses activités consacrées à l’environnement, qui compte environ 336.000 collaborateurs. Henri Proglio a consacré sa vie professionnelle à cette entreprise et ne souhaite pas la quitter. Aussi est-il convenu avec les pouvoirs publics qu’il conserverait la présidence du conseil d’administration de Veolia en plus de la direction d’EDF, entreprise d’un peu plus de 160.000 salariés.

A ceux qui s’étonnent de ce cumul, il a été répondu par Christine Lagarde, ministre de l’économie, que la fonction envisagée par Henri Proglio à Veolia était une fonction non-exécutive, manière de déminer le procès d’un cumul impossible en matière de temps et de disponibilité.

Ceci laisse entière une autre question: celle de la confusion des intérêts. Un même homme a la tête de deux entreprises à la fois dissemblables et aussi concurrentes dans certains de leurs segments d’activité, peut-il prendre des décisions pour une entreprise sans tenir compte de la situation de l’autre entreprise?

Par ses premières déclarations, réservées aux parlementaires dans le huis clos de commissions spécialisées, Henri Proglio a entretenu le doute en annonçant son souhait de voir EDF augmenter sa participation dans Veolia. Aujourd’hui, l’électricien possède 2% du capital de Veaolia. Henri Proglio, pdg d’EDF, voudrait la porter à environ 15% dans Veolia, dont il est aussi responsable. Il existe sans doute une logique industrielle à un tel rapprochement. Hélas, le sentiment d’une certaine confusion des genres ne permet pas de l’établir clairement pour l’instant.

Autre problème moins important mais plus symbolique:  celui du salaire du futur pdg d’EDF. Aujourd’hui, il est fixé à environ un millions d’euros. A Veolia, Henri Proglio en gagne plus du double. D’où sa demande de voir augmenter substantiellement la rémunération du pdg d’EDF. On peut considérer la démarche légitime. Elle peut aussi heurter l’opinion. Il y a en tout cas matière à débat.

J’ai posé ces questions ce matin à Pierre Gadonneix, pdg sortant d’EDF. IL n’a pas voulu y répondre, préférant parler de son bilan à la tête de l’entreprise publique. Dans une démocratie, personne n’est obligé de répondre aux questions que l’on vous pose. Mais dans une démocratie, il peut aussi se révéler dangereux de ne pas répondre aux questions posées, si du moins celles ci se posent, c’est à dire si elles ne relèvent pas d’une lubie chez celui qui les pose.

Identité nationale

La gauche défend tous les jours l’identité de la France face aux remises en cause de la droite et de N. Sarkozy

Le 3 novembre 2009

L’injonction du président de la République et de son ministre de l’immigration et de l’identité nationale, convoquant sans délai dans les préfectures « les forces vives du pays », est irrecevable.

La France mérite mieux qu’un discours polémique bricolé à la hâte à des fins électorales. La droite, de plus en plus déchirée, fragilisée par son échec économique et social, instrumentalise un sujet sérieux sur lequel on ne devrait pas chercher à diviser les Français.
Nous ne sommes pas dupes de cette manipulation. Les socialistes ne serviront pas de caution à cette mise en scène racoleuse qui mobilise indûment et dans l’improvisation les Préfets dont ce n’est pas le rôle.

Les Français sont attachés à l’identité républicaine de la France. Ils n’acceptent pas ses remises en cause. Forgée dans l’histoire, dans les grands combats républicains, sociaux, ouvriers, féministes, l’identité de la France est d’abord constituée des principes communs que la République a su faire partager à tous les Français, et qui sont aujourd’hui bafoués : la France des droits de l’Homme, du droit du sol, de la laïcité, de l’école publique, de l’égalité sociale, du programme du Conseil national de la Résistance, de l’universalisme et de l’ouverture au monde.

La France fidèle à son identité, la France qu’on aime, c’est une France qui défend son modèle social, qui promeut les services publics, de l’école à l’hôpital, de la mairie à la Poste, parce qu’ils sont les moyens de l’égalité. C’est une France de l’émancipation de l’Homme, qui s’engage pour les libertés, notre bien commun, et pour ne pas laisser confisquer la démocratie par un pouvoir sans limites. C’est une France qui défend sa langue. C’est une France qui assume sa diversité, s’attaque enfin aux discriminations et aux obstacles qui barrent l’accès aux entreprises ou aux responsabilités publiques. C’est une France du XXIème siècle, profondément européenne, qui puise sa force dans le respect de cet héritage républicain.

Faire vivre l’identité de la France et l’originalité de son modèle est au cœur des préoccupations du Parti socialiste. Depuis septembre, les socialistes ont engagé un dialogue direct avec les Français dans le cadre du tour de France du projet, lors d’étapes qui permettent à des citoyens de toutes les origines et de toutes les histoires d’affirmer une identité commune. Les Français ne doutent pas de leur identité, ils nous demandent surtout de la défendre et d’y être fidèles.

Fidèles à notre histoire, nous revendiquons une vision civique et républicaine de la nation, et non pas ethnique ou particulariste qui laisserait l’identité s’enfermer dans des critères d’appartenance et donc d’exclusion. C’est cette approche, inhérente à l’existence d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale, qui est contraire à l’identité de la France et à son génie.

Alors que par ses discours et sa politique, la droite attaque les piliers de la République, les socialistes portent aujourd’hui l’identité de la France.

Communiqué du Bureau national

Toutes les notes